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 "Confessions" [POTC II]

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Rosetta Norrington
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MessageSujet: "Confessions" [POTC II]   Mar 7 Nov - 20:28

Confessions



Chapitre 1


Tout s’embrouillait dans la tête de la malheureuse jeune femme. Venue trouver le gouverneur Swann pour lui demander s’il avait des nouvelles de son époux, Rosetta Norrington avait vu arriver ces hommes qu’elle ne connaissait pas mais dont la seule présence lui faisait pressentir un imminent malheur. Elle avait eu le sentiment dès son réveil qu’un nouveau drame allait arriver. Le ciel était triste et gris, la pluie battait les carreaux de la même manière que ce jour où James lui avait annoncée que le H.M.S. Dauntless avait fait naufrage avec tout son équipage et qu’il était le seul survivant, que cette nuit où elle l’avait trouvé ivre pour la première fois, que cet autre jour enfin où il lui avait dit qu’il partait. Ce jour serait semblable, il portait un nouveau drame sur les remparts de Port Royal en la personne d’un homme monté sur un cheval dans la chaloupe qui le conduisait sur la terre ferme, au milieu des soldats qui ramaient.

Ils étaient deux. L’un était petit et, sous son manteau de cavalier ruisselant de pluie, il portait de beaux habits ainsi qu’une perruque poudrée tandis que le second, que la jeune femme devina son secrétaire et homme de main, était vêtu simplement et portait ses cheveux noirs attachés par un simple ruban.
- Qui se permet cette intrusion ? s’exclama le gouverneur, outré.
- C’est moi, je me permets cette intrusion. Ne me reconnaissez-vous pas ?
Le gouverneur regarda plus attentivement le visage du plus petit des deux hommes. Il le reconnut, en effet.
- Cutler Beckett ?
- C’est Lord Cutler Beckett, désormais. Je viens à Port Royal au nom de la Compagnie des Indes Orientales.

Rosetta était effrayée. Cet homme avait l’air fourbe et cruel sous ses manières mielleuses. Son secrétaire avait, quant à lui, un visage sinistre et patibulaire, fermé et dur. Il tenait une serviette de cuir frappée aux armes de la East India Trading Company.
- Mr Mercer !
Entendant son nom, le secrétaire ouvrit la serviette et tendit des documents à son maître.
- J’ai là un mandat à l’encontre d’une Mrs Rosetta Norrington, et j’ai appris qu’elle se trouvait dans votre bureau, gouverneur.
Rosetta poussa un faible cri alors qu’au même moment des soldats faisaient irruption dans le bureau, des soldats que Beckett avait emmené avec lui d’Angleterre.
- Je ne peux le croire ! s’exclama le gouverneur. Mrs Norrington ne peut être soupçonnée de quoi que ce soit, c’est une erreur !
Comme il disait ces mots, il s’approcha de Beckett et lui prit le mandat des mains. Celui-ci le laissa faire, après avoir échangé un sourire malveillant avec Mercer. Cela ne changerait rien.
- C’est un mandat au nom de James Norrington ! lut Swann. Commodore Norrington, s’il vous plait !
Beckett feint d’être surpris.
- Ah ? C’est ennuyeux, la faute est mienne.
Il s’intéressa alors à l’autre document que Mercer lui avait tendu.
- Ah-ha ! Le voilà : Mrs Rosetta Norrington.
Il se tourna vers la jeune femme.
- Est-ce vous ?
Rosetta répondit d’un signe de tête, tremblante comme une feuille.
- Arrêtez-la !

Les soldats empoignèrent la jeune femme. Les fers se refermèrent autour de ses frêles poignets dans un claquement sinistre.
- Mais qu’a-t-elle fait, au nom du Ciel ! s’exclama Swann.
- Mrs Norrington est accusée de conspiration avec son époux pour avoir laisser fuir un pirate condamné à mort. Peut-être vous rappelez-vous d’un certain Jack Sparrow ?
- Le Capitaine Jack Sparrow, répondit Rosetta dans un souffle, alors que les deux soldats qui venaient de lui mettre les fers la tenaient fermement.
- Ce Sparrow était condamné à mort mais votre époux l’a laissé filer et a protégé sa fuite en lui accordant un jour d’avance avant d’enfin se lancer à sa poursuite. Le niez-vous ?
Incapable de mentir, la jeune femme ne répondit pas.
- Mais en quoi cela concerne-t-il sa femme ? demanda le gouverneur, furieux.
- Ledit James Norrington a laissé fuir cet individu à la demande de sa femme qui désirait qu’il soit gracié ! Pourquoi ? Parce qu’elle avait été prise en otage par ce même individu et qu’elle trouvait qu’il ne lui avait fait aucun mal ! En conséquence, Mrs Norrington, dans sa sollicitude envers un pirate et son crime d’avoir détourné son époux de l’application stricte de la loi envers les individus coupables de piraterie, est elle-même condamnée à mort, ainsi que son époux !

Un cri de désespoir franchit les lèvres de Rosetta. Le gouverneur tenta encore une fois de prendre sa défense. Une violente indignation s’emparait de lui devant cette terrible injustice.
- La Compagnie des Indes Orientales n’a aucun droit de les condamner à mort ! Nous sommes ici sous la juridiction du Roi !
Mais Lord Beckett avait réponse à tout.
- Et c’est le Roi lui-même qui a signé ces mandats. Où est James Norrington, maintenant ?
- Le Commodore Norrington a démissionné il y a plusieurs mois et a quitté Port Royal après le naufrage du H.M.S. Dauntless. Il est parti seul à la recherche de Sparrow.
L’insolence de Beckett rendait Swann fou de rage ainsi que ce qu’il faisait subir à Mrs Norrington pour laquelle il avait l’affection d’un père. Il maudissait son impuissance à lui être d’un quelconque secours pour le moment.

Rosetta ferma les yeux. Des larmes silencieuses sillonnaient ses joues pâles. James était parti… Elle venait chaque jour voir le gouverneur dans l’espoir d’avoir de ses nouvelles, mais il n’y en avait pas. Beckett vit qu’elle pleurait. Il s’adressa à elle d’un ton cruel.
- Allons, ne vous inquiétez pas, Mrs Norrington : nous ferons tout pour retrouver votre époux et le ramener à Port Royal… pour partager votre sort.
Rosetta avait bien souvent entendu son mari parler de pendaisons. « Un saut dans le vide suivi d’un arrêt brutal » selon son expression favorite. Lorsqu’ils s’étaient mariés, il avait voulu qu’elle assiste aux exécutions à ses côtés, mais la jeune femme s’était évanouie avant même l’arrivée du condamné. Il l’avait, depuis, dispensée de cette « cérémonie » et elle lui en avait été reconnaissante. A présent, la potence les attendait.

Une semaine s’écoula. Jamais Rosetta n’aurait imaginé se retrouver un jour
emprisonnée sous les voûtes sombres et suintantes des geôles de Fort Charles. La prison n’était plus sous l’autorité de James. La Compagnie des Indes Orientales avait investi les lieux, ses couleurs, hissées au mât. Recroquevillée dans un coin, Rosetta s’efforçait d’ignorer les commentaires des occupants de la cellule voisine qui l’appelaient « poupée ». De tristes pensées lui traversaient l’esprit. James parti, la douloureuse attente, sa condamnation… Elle espérait à présent qu’il ne revienne pas, que la Compagnie des Indes ne mettent jamais la main sur lui. Plus que tout, elle ne voulait pas être un appât dans un piège que Beckett pourrait lui tendre pour le faire revenir à Port Royal de son plein gré. Elle voulait qu’il vive. Soudain, des bruits de bottes se firent entendre.
- Mrs Norrington, Lord Beckett vous attend dans son bureau !
La jeune femme leva un visage fatigué et pâle sur les deux gardes qui venaient la chercher. L’un d’eux tenait les fers à la main. Il les lui mit sans ménagement alors qu’elle n’opposait aucune résistance.
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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Confessions" [POTC II]   Mer 8 Nov - 2:10

Chapitre 2


Le cœur serré, Rosetta vit que Lord Beckett avait pris possession du bureau de son époux pour en faire ses quartiers. Un géographe à son service était en train de peindre une immense carte pendue au mur tandis qu’une horloge tout aussi monumentale était hissée à l’extérieur par des cordes pour être fixée au-dessus de la terrasse du bureau.
- Les fers ne seront pas nécessaires, dit-il aux gardes.
Ils défirent les liens de Rosetta puis se retirèrent sur un signe de la main de Lord Beckett.
- A présent, ma chère, nous avons à parler. J’espère que votre séjour en prison ne ternit pas trop votre teint, que vous n’avez pas froid et que vous êtes nourrit correctement.
La jeune femme savait qu’il se moquait éperdument de la réponse qu’elle lui ferait. Sa fausse sollicitude ne la trompait pas, il n’avait aucunement l’intention de lui offrir de meilleures conditions de détention.
- Je vais bien, Lord.
- Bien, parfait !

Beckett s’intéressa un instant à son gilet de brocard dans le reflet que lui renvoyait un
miroir qui n’était pas là lorsque James occupait le bureau, puis reprit :
- Avant toute chose, je dois vous poser une question essentielle : y a-t-il une raison pour suspendre votre condamnation et la remettre à plus tard ?
Rosetta baissa la tête. Elle n’avait pas vu James depuis plusieurs mois.
- Non… Je ne suis pas enceinte…
- Vous serez donc exécutée dès que votre mari sera de retour.
La jeune femme baissa plus encore la tête.
- Pourquoi ne pas me tuer dès maintenant ? Vous ne savez pas s’il reviendra.
Beckett fit mine d’être outré.
- Voyons, Madame ! Il serait indigne d’un gentilhomme de ne pas vous permettre de revoir votre époux une dernière fois ! Quant à savoir s’il reviendra, mes hommes s’en chargeront, n’ayant crainte !
Elle ne répondit pas.
- Mr Mercer, le brandy s’il vous plait !
Rosetta n’avait pas vu le secrétaire de Beckett qui se tenait en retrait près de la terrasse. Elle frissonna en le voyant approcher et Beckett s’en aperçut.
- Il ne s’agit que de vous offrir un brandy, Madame. Je vous ai fait venir pour avoir une conversation avec vous. Si vous êtes raisonnable, vous n’aurez pas besoin de faire la connaissance de Mr Mercer et de ses interrogatoires.
Loin de rassurer Rosetta, les paroles de Beckett la terrorisèrent un peu plus. Elle s’agrippa au dossier d’un fauteuil, prise de faiblesse. Il ne lui avait pas permis de s’asseoir.
- Buvez, ordonna-t-il.
Elle accepta le verre qu’il lui tendait, de peur de perdre connaissance. Le brandy piqua sa gorge mais lui rendit quelque force. Derrière le bureau, le géographe continuait de peindre la carte.

Rosetta se sentait prise de panique. Mercer se tenait à présent derrière elle et elle
sentait dans son dos son regard reptilien. Elle avait peur de ce qu’il pourrait lui faire depuis que Beckett avait prononcé conjointement les mots « interrogatoires » et « Mr Mercer ».
- Parlons un peu de votre mari, ma chère, reprit Beckett. Où est-il ?
- Je l’ignore.
- Je vais donc changer de question : parlez-moi de la fois où Sparrow vous a prise en otage ?
Rosetta plongea dans ses souvenirs. C’était arrivé près de six mois auparavant.
- Le Capitaine Sparrow est venu à Port Royal réquisitionner un navire. C’était un peu plus d’un mois après mon mariage. Il m’a prise en otage pour que mon époux le laisse quitter la baie avant de le poursuivre. C’est ce que mon époux a fait, il ne voulait pas qu’il m’arrive le moindre mal. J’ai passé plusieurs jours en mer, puis, une fois à terre, le Capitaine Sparrow m’a fait monter sur un navire marchand pour qu’il me ramène à Port Royal.
- Comment a-t-il été arrêté par votre époux ?
- James était parti à la poursuite de Sparrow pour me sauver. Il l’a arrêté alors que j’étais sur le navire marchand.
- Avez-vous demandé à votre mari la grâce de Sparrow alors qu’il allait être pendu ?
Rosetta baissa les yeux une fois de plus.
- Oui… Parce qu’il ne m’avait fait aucun mal et m’avait bien traitée.
- Pourtant, il porte la marque de la Compagnie des Indes sur le bras. L’ignoriez-vous ?
- Non, je le savais. Mon époux me l’a dit, il m’a dit que c’était pour cela qu’il devait le faire pendre, parce que cette marque le désignait comme pirate et que cela suffisait à le condamner.
- Mais vous avez demandé et obtenu sa grâce !
- Oui… Pour un jour. James a dit qu’il lui laissait un jour d’avance parce qu‘aucun mal ne m’avait été fait mais qu’ensuite il retournerait à sa poursuite. Je n’ai donc pas réellement obtenu sa grâce mais, disons, un délai, une possibilité de partir. C’est un homme bien.
Lord Beckett fronça dangereusement les sourcils.
- Un homme bien ? Vous dites cela d’un pirate ?
La voix de Rosetta se brisa de désespoir.
- Pourquoi ne le dirais-je pas ? Je suis condamnée à mort, il ne sert à rien de feindre le mépriser !
Beckett s’approcha de la jeune femme sans pour autant s’arrêter ni lui accorder le moindre regard. Elle se retourna comme il passait derrière elle. Elle le vit se pencher vers l’âtre de la cheminée et se saisir d’un tisonnier. Mercer avait le visage fermé, rien ne pouvait laisser deviner ses pensées.
- Jack Sparrow est l’un de mes anciens employés, dit Beckett. Il est passé dans la piraterie pour avoir refusé de conduire sous mes ordres un convoi d’esclaves.
Il fit voir à Rosetta ce que le tisonnier avait de particulier : à son extrémité, un « P » lui fit comprendre que c’était là l’instrument qui avait marqué le bras de Sparrow.
- Chacun de nous a laissé sa marque sur l’autre, commenta Beckett, le regard perdu dans la contemplation du fer.

Il y eut quelques minutes de silence. Enfin, Beckett s’éloigna dans la cheminée.
- Parlons maintenant de votre mari.
Rosetta réprima un sanglot. Cet homme la forçait à parler de ce qui la rendait si malheureuse. Elle se confia, d’un ton monocorde néanmoins tremblant d’émotion.
- Il est parti le lendemain après le Capitaine Sparrow, avec le H.M.S. Dauntless… Son absence a duré plusieurs mois. Il revint un jour sur un navire marchand qui l’avait recueilli à son bord comme naufragé. James avait… avait son uniforme en lambeaux, il était blessé ! Le… le H.M.S. Dauntless avait été pris dans un ouragan… Il avait sombré avec tout son équipage… James a été trouvé, dérivant sur la porte de sa cabine. Il… Il aurait voulu couler avec son navire… A son retour à Port Royal, il a dû adresser des courriers aux familles de ses hommes pour leur annoncer la tragédie. Ce fut affreux… Il s’en voulait d’être encore en vie…

La jeune femme fondit en larmes sous les yeux de l’inflexible Lord Beckett. Il lui tendit un nouveau verre de brandy. Elle le refusa alors qu’elle essuyait son visage inondé de larmes avec son mouchoir de dentelle.
- James s’est mis à boire, poursuivit-elle. Il ne le disait pas, mais je savais qu’il me reprochait de lui avoir demander de la clémence pour le Capitaine Sparrow. Moi-même… Je culpabilise tant pour les hommes du H.M.S. Dauntless ! Et puis, deux semaines après son retour, James est allé voir le gouverneur. Il lui a présenté sa démission le temps de laver son honneur en retrouvant Sparrow et en le ramenant ici. Le gouverneur ne voulait pas qu’il parte, mais James lui a laissé son épée de cérémonie et il est parti.
Rosetta ne confia cependant pas à Beckett les derniers instants qu’elle avait passé avec son mari, lorsqu’il était venu lui faire part de sa décision. Elle l’avait supplié de rester, mais il avait refusé.
- Cette épée, la voici ! dit Beckett.
Il tenait entre ses mains l’épée de cérémonie du Commodore. Il l’avait laissé dans son bureau avant de s’en aller. Beckett la contempla un instant.
- Magnifique épée. Il doit beaucoup y tenir. Y tenir plus qu’à sa femme, ajouta-t-il avec cruauté.
Rosetta mordillait son mouchoir, le cœur déchiré. « Non, ce n’est pas vrai, James m’aime ! » aurait-elle aimé protester. Elle n’en trouva pas la force.
- Mr Mercer ! Avez-vous entendu la confession de Mrs Norrington ? Il est inutile de la forcer à écrire une lettre à son époux pour l’inciter à revenir. Vous allez tout de suite vous mettre en route, il faut le retrouver et le ramener ici. En attendant, sa femme restera en prison, elle ne nous est d’aucune utilité.
Mercer acquiesça d’un hochement de tête.
- A présent, ma chère, vous allez retourner dans votre cellule.
Beckett appela les gardes. Les poignets à nouveau entravés par les fers, Rosetta fut emmenée.

Peu après le départ de sa prisonnière, il se pencha à nouveau vers la cheminée. Il montra à Mercer le fer qui servait à marquer les pirates.
- Mrs Norrington me semble fort indulgente avec ce Sparrow, ne trouvez-vous pas ? J’ai bien peur qu’il faille la considérer comme… pirate et la châtier comme telle…
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MessageSujet: Re: "Confessions" [POTC II]   Mer 8 Nov - 14:06

Brillant, absolument brillant. cheers

Vivement le chapitre 3.

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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Confessions" [POTC II]   Jeu 9 Nov - 22:21

Merci, Cowboy ! sunny (le soleil, c'est pour "brillant")



Chapitre 3


Rosetta ne savait plus combien de jours venait-elle de passer dans les geôles lugubres de Fort Charles. Elle mangeait l’infâme bouillie qu’on lui apportait malgré sa répugnance. Son visage exprimait le dégoût et elle avait un haut-le-cœur chaque fois qu’elle prenait l’écuelle dans ses mains, mais elle finissait par prendre sa respiration et manger lorsqu’elle se trouvait trop affamée. Elle devint amaigrie en quelques jours et souffrait également de l’insalubrité des lieux. Elle ne commença jamais à compter le nombre de fois où le garde venait lui porter son écuelle, et ce fut ainsi qu’elle perdit le compte des jours. Elle grelottait de froid en Jamaïque, tandis que Lord Beckett était incommodé par une chaleur à laquelle il n’était pas habitué. Le froid n’était pas seulement physique pour Rosetta, c’était aussi la peur, une terrible peur qui nouait ses entrailles. Non pour elle, mais pour son époux. La jeune femme n’avait pas d’enfants, peu lui importait de se sacrifier si cela pouvait permettre à son époux de vivre. Mais Lord Beckett avait été très clair : ils étaient tous deux condamnés et tous deux mourraient. Rosetta savait qu’il ne la maintenait emprisonnée que dans l’attente du retour de James.

Pendant les premiers temps, sans qu’elle sache quelle avait été leur durée, elle avait eu peur que les gardes reviennent la chercher pour la conduire encore dans le bureau de Beckett. Ces mots, « Mr Mercer et ses interrogatoires » la hantèrent plusieurs nuits sans qu’elle sache combien. Puis elle avait compris qu’on ne viendrait pas la chercher, où cela aurait sans doute déjà été fait. Bien que n’ayant plus de notion du temps, elle savait que plusieurs jours étaient passés à force d’avoir ces haut-le-cœur face à l’écuelle de bouillie. La seule mesure de clémence de Lord Beckett était de lui épargner l’eau croupie qui l’aurait immédiatement rendue malade, étant déjà fragile. Elle se tenait recroquevillée dans un coin de sa cellule, priant sans relâche pour que le Seigneur épargne son époux, qu’Il ne permette pas qu’une injustice soit commise. Elle pleurait tout autant et n’entendait même plus les prisonniers des cellules voisines. Elle aurait voulu mourir sans savoir si son époux serait pris ou non, au risque de mourir sans le revoir une dernière fois, sans être serrée une dernière fois dans ses bras.

La jeune femme considérait avec une répugnance quotidienne la bouillie que l’on venait de lui apporter. Le dégoût était toujours là, il n’y avait pas d’autre mot. Il allait falloir encore une fois, encore un jour de plus faire le terrible effort. Alors que, d’une main tremblante, elle allait se saisir de l’écuelle, un bruit de pas inattendu attira son attention. Il y avait peu de mouvements dans le long couloir qui bordait les cellules : quelques va et vient au moment des « repas » comme cela venait d’être le cas, puis lorsqu’un nouveau prisonnier arrivait ou qu’un autre sortait pour être pendu ce qui, dans ce dernier cas, n’arrivait qu’à l’aube, dans un moment où la jeune femme, épuisée, était endormie. Rosetta sentait que ses pas qui se dirigeaient vers elle étaient inhabituels. Elle laissa sa bouillie et se redressa pour mieux s’approcher des barreaux et s’y agripper. Les bruits de pas étaient bien pour elle. Ce n’était pas des pieds chaussés de bottes comme ceux des gardes. Le pas n’était pas le même. Cela aurait pu être Lord Beckett, mais Rosetta ne pensait pas qu’il s’abaisserait à se rendre en personne dans les geôles. Ce n’était pas Mr Mercer non plus, elle sentait un espoir au fond d’elle. C’était le gouverneur Swann.

La jeune femme sourit en reconnaissant l’homme qui venait la voir, sourire qu’il lui rendit. Le gouverneur était un homme bon pour lequel elle avait beaucoup de respect et d’amitié. La seule chose que l’on pouvait lui reprocher était d’avoir outrageusement gâté sa fille unique sous l’effet du vif chagrin que lui avait causé le décès de son épouse. La fille du gouverneur était une jeune fille qui faisait tout à l’inverse de Rosetta. Le gouverneur n’arrivait pas à la remettre dans le droit chemin, il était trop tard et en soupirait parfois de lassitude. Il lui était arrivé à plusieurs reprises de citer « Lady Rosetta » puis « Mrs Norrington » comme exemple de la manière dont une jeune fille puis une jeune femme doit se comporter, cela semblait peine perdue au grand dam de Rosetta qui n’adressait jamais la parole à « cette Miss Swann » comme elle la nommait dans sa tête. A l’égard de Rosetta, le gouverneur avait aussi l’affection d’un père, il la considérait presque comme sa fille, une fille telle qu’il aurait aimé avoir s’il n’avait pas commis l’erreur de tout permettre à la sienne.
- Gouverneur Swann…
- Les soldats m’ont laissé passer, Mrs Norrington. Ils ne viendront pas écouter notre conversation, je suis le gouverneur et Lord Beckett ne peut rien à cela. Pardonnez-moi si je ne vous demande pas si vous allez bien, je me doute que l’on vous traite mal.
Rosetta baissa les yeux et ne dit rien.

Le gouverneur était un peu gêné. Il lui arrivait d’être maladroit. Il reprit cependant très vite contenance.
- Pardonnez-moi aussi de ne pas être venu plus tôt, mais j’étais loin de vous oublier.
- Je vous remercie, gouverneur Swann. Depuis combien de temps suis-je là ?
Le sourire rassurant de Swann mourut sur ses lèvres, son visage s’assombrit.
- Douze jours.
Rosetta, quant à elle, eut un pauvre sourire. Douze jours, c’était aussi le temps qu’elle avait passé otage de Jack Sparrow. Du Capitaine Jack Sparrow. Une semaine avait d’être conduite dans le bureau de Lord Beckett, puis cinq nouveaux jours de captivité.
- Je suis venu vous aider à fuir, reprit le gouverneur, le visage grave.
Les mains de la jeune femme resserrèrent leur étreinte sur les barreaux au risque de se blesser. Une lueur d’espoir anima un instant son visage qui s’assombrit aussi vite.
- Mais… Mon époux…
- N’ayez crainte, Mrs Norrington. Si vous êtes en route pour l’Angleterre, le Commodore ne viendra pas à Port Royal pour tenter de vous sauver.
- Mais Lord Beckett a dit à Mr Mercer qu’il n’y aurait pas de piège tendu à mon époux avec moi comme appât, mais qu’il serait tout simplement arrêté par ses hommes dès qu’ils l’auraient retrouvé ! Je… Je ne veux pas fuir si cela ne sauve pas mon époux…
Swann vit qu’elle baissait la tête pour cacher ses larmes. Elle pleurait.
- Alors nous ferons en sorte que votre époux quitte lui aussi les Caraïbes, où qu’il soit, et gagne l’Angleterre pour plaider votre cause auprès du Roi.
- Le Roi a signé nos condamnations…
- Le Roi peut aussi les annuler. J’ai écrit une lettre à son intention dans laquelle je plaide votre cause à tous deux.

Un nouvel espoir réchauffait le cœur de Rosetta. Elle ne savait pas comment le gouverneur s’y prendrait, mais James parviendrait lui aussi à rejoindre l’Angleterre ! Leur destin serait alors entre les mains du Roi. Il saurait que Rosetta avait quitté une prison sans permission, mais elle avait l’espoir que le monarque se montre clément s’il laissait parler James. Il ne piétinerait pas l’Habeas Corpus comme Lord Beckett l’avait fait et la lettre dont le gouverneur avait parlé lui redonnait plus confiance encore. Rosetta suivit Swann. Il avait repris les clés à un garde qu’il avait pu acheter et qui l’avait laissé passer avec la jeune femme. Le carrosse de Swann attendait non loin de là et le cocher les conduisit tous deux au port. L’évasion était des plus risquée, mais l’espoir était là : le gouverneur demeurait encore plus influent que Lord Beckett à Port Royal et les soldats qui n’étaient pas fraîchement arrivés d’Angleterre avec ce dernier étaient avant tout loyaux envers Swann.
- J’ai trouvé un bateau de marchandises en partance pour l’Angleterre qui accepte de vous prendre à son bord, dit-il à Rosetta dans le carrosse. Il m’a fallu tous ces jours, c’est pourquoi j’ai dit avoir pensé à vous même sans vous voir.
Il faisait nuit noire. Le port était des plus lugubres. Jamais Rosetta ne l’avait vu ainsi, elle ne s’était jamais aventurée de nuit hors des bals et des soupers où la menait parfois son époux. Le carrosse s’immobilisa.
- Restez ici, je reviens, dit le gouverneur.

Rosetta obéit et attendit sagement dans le carrosse. Swann était inquiet comme il mettait pied à terre. Quelque chose n’allait pas. Il ne voyait pas le Capitaine du bateau de marchandises. Il s’avança de quelques pas encore. Enfin, il l’aperçut, mais l’homme était étrange. Il semblait figé tel une statue de pierre, pétrifié de peur. Une lanterne allumée et suspendue en cet endroit éclairait faiblement la scène.
- Capitaine ?
Apparut alors sur la gorge du malheureux Capitaine la lame d’un long couteau suivit d’une ligne de sang. Le Capitaine était mort, il s’effondra immédiatement aux pieds du gouverneur, révélant Mr Mercer.
- Bonsoir, gouverneur.
Il essuyait le sang sur son couteau.
- Quel dommage, n’est-ce pas ? Il portait ceci…
Le gouverneur reconnut dans la main de l’assassin la lettre qu’il avait remis au Capitaine.
- C’est une lettre adressée au Roi, ajouta Mercer. Une lettre de vous !
Mercer ignora soudain Swann pour se diriger vers le carrosse. Il ouvrit la porte à la volée, faisant sursauter de peur la pauvre Rosetta.
- Où est-elle ? Ah, la voici ! C’est parfait ! s’écria Mercer avec un mauvais sourire.

Mr Mercer avait capturé Rosetta, il l’emmena dans le bureau de Beckett tandis que le gouverneur était conduit en prison pour trahison, ainsi que le Lord l’avait exigé lorsque son homme de main et espion l’avait averti du « complot ». Rosetta découvrit Beckett dans un nouveau gilet de brocard. Son bureau, qui avait été celui de James, était sinistre depuis que c’était lui qui y était installé, en particulier comme en cet instant, de nuit, faiblement éclairé de quelques bougies. Le Lord jouait avec son tisonnier, avant de le replacer dans l’âtre.
- Je vous attendais, Mrs Norrington, dit-il avec un sourire tout aussi mauvais que celui de son assassin. Mr Mercer, votre assistance !
A ces mots, Mercer lâcha le bras de Rosetta qu’il avait empoigné pour la conduire dans le bureau de son maître. Il fut dans son dos sans qu’elle ait le temps de s’en rendre compte et la saisit brutalement par la taille pour l’immobiliser. Lord Beckett s’approcha de Rosetta. Il s’empara de l’un de ses bras et se mit à caresser la peau tendre.
- Oui, vous êtes exquise, ma chère, mais je dois vous punir. Vous avez montré de la compassion pour un pirate lors de notre dernière entrevue et vous avez tenté de fuir comme ferait l’un d’eux. Mr Mercer vous marquera…
Rosetta perdit connaissance dans un gémissement de désespoir…
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MessageSujet: Re: "Confessions" [POTC II]   Ven 10 Nov - 19:38

J'adore cette nouvelle histoire^^ Very Happy
Bravo cheers
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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Confessions" [POTC II]   Ven 10 Nov - 22:52

Merci ! Voilà la fin. flower



Chapitre 4


Les murs épais de la cellule entouraient à nouveau Rosetta lorsqu’elle reprit conscience. Ses paupières frémirent doucement, pour s’ouvrir enfin sur ces barreaux devenus depuis douze jours son univers familier. Une douleur lancinante lui arracha tout en même temps un gémissement plaintif ; tout son corps lui faisait mal. Lorsqu’elle s’était évanouie dans le bureau de Beckett, le Lord avait appelé les gardes qui l’avaient transportée jusqu’à la cellule où ils l’avaient jetée sans ménagement, telle une poupée de chiffon. Elle se réveillait maintenant couverte de bleus, mais également dans l’horrible incertitude de ne savoir ce qui lui était arrivée pendant son inconscience. Elle fut rassurée de constater que ses effets étaient parfaitement ordonnés, que son corset était aussi serré qu’auparavant, que ses jupons étaient bien en place. Il ne manquait aucun lacet, aucune agrafe, aucun ruban. Une autre inquiétude vint alors. La jeune femme avait peur de comprendre la raison de cette douleur qui irradiait tout son corps. Elle fut, encore une fois, rassurée en découvrant que son avant-bras ne portait aucune marque au fer rouge. Elle poussa un soupir de soulagement, mais une terrible pensée lui vint à nouveau : Lord Beckett avait dit que Mr Mercer la marquerait, son évanouissement n’avait fait que retarder le châtiment. Il était probable qu’un homme de la cruauté de Beckett désirait qu’elle soit consciente au moment où le fer serait appliqué sur sa peau tendre. Désespérée, livide, la jeune femme se recroquevilla comme à son habitude dans un coin.

Peu de temps après le départ de Rosetta, emportée inconsciente par les gardes, Lord Beckett avait permis à Mr Mercer de prendre congé, il s’entretiendrait avec le gouverneur prisonnier au matin. Beckett lui-même avait soufflé les bougies qui éclairaient faiblement son bureau, de même que le feu de cheminée, et s’était retiré dans ses appartements privés, loin de se douter que son homme de main n’avait pu trouver le sommeil et s’était rendu à la prison. Mr Mercer, en effet, s’était tourné et retourné dans son lit. Les paroles de son maître tournaient dans sa tête et il voyait sans cesse le doux visage de Rosetta Norrington ainsi que son petit corps menu inanimé dans ses bras - puisqu’il la maintenait immobile au moment où elle avait perdu connaissance. « Mr Mercer vous marquera… Mr Mercer vous marquera… Mr Mercer vous marquera… » Il avait accompli nombre de sales besognes pour Lord Beckett depuis qu’il était son exécuteur des basses œuvres, mais il se sentait incapable de marquer Rosetta Norrington.

La jeune femme avait fini par s’endormir d’épuisement. Elle ne se doutait pas qu’un homme l’observait avec tristesse de l’autre côté des barreaux, un homme dont le visage dur et fermé était devenu soudain douloureux et tourmenté. Mr Mercer la contemplait dans la candeur de son sommeil, heureux qu’elle dorme pour qu’elle ne le voit point et n’ait point peur de lui. Les mains posées sur les barreaux, les mêmes mains qui avaient ceinturé Rosetta quelques heures plus tôt, la main qui avait tué le Capitaine du bateau de marchandises, Mr Mercer replongeait dans un passé de malheurs et de larmes.
- Vous êtes si innocente… dit-il. Vous êtes sans défense… comme elle. Comme Rose. Vous lui ressemblez tellement… Vous êtes si belle et si douce, tout comme elle… Je ne l’avais pas encore vu, mais maintenant je sais que vous lui ressemblez beaucoup…
Pour la première fois depuis bien longtemps, le visage dur de Mr Mercer, son masque, se brisa d’émotions. Pour la première fois depuis longtemps, il sentait battre son cœur, il redécouvrait qu’il en avait un.
- Je sais que vous dormez, que vous n’entendez pas ce que je dis, mais je vous parlerai quand même. Peut-être entendrez-vous tout de même au fond de votre cœur si un homme tel que moi peut vous toucher…
Pour la première fois, il se confiait. Jamais encore il ne l’avait fait.

Après un court silence, Mr Mercer reprit la parole.
- Je n’ai pas toujours été un espion et un assassin. Je suis géographe. Je vivais à Bristol. J’aimais beaucoup cette ville. La mer m’a toujours attirée et je me souviens qu’enfant j’allais voir sur le port les bateaux en partance pour les colonies.
Au souvenir de ces temps insouciants, un voile de mélancolie effleura ses yeux habituellement dénués de toute bonté.
- Je suis devenu géographe. Je dessinais des cartes maritimes. Je voudrais continuer à le faire, dessiner la carte que Lord Beckett a dans son bureau, mais il a engagé quelqu’un d’autre pour cela. Il ne veut pas de moi pour cela.
Mr Mercer se souvenait de cette humiliation, de Lord Beckett lui refusant le droit de dessiner ses cartes, de le laisser mettre son travail de géographe au service de la Compagnie des Indes. Beckett pouvait tout se permettre, il le tenait par un terrible chantage. Puis le visage de Mr Mercer se contracta, des larmes vinrent perler sur des yeux longtemps asséchés.
- Mrs Norrington… Vous ressemblez tant à Rose… Vous pensez sans doute qu’un homme tel que moi ne peut qu’être seul, mais ce n’est pas le cas, bien que je le sois depuis que je suis devenu celui que je suis maintenant, si différent du premier, si opposé à Robert Mercer, le géographe de Bristol.

Il passa rapidement une main sur ses yeux pour les essuyer. Il savait cependant que ce qu’il dirait ensuite allait réveiller toutes les émotions enfouies en lui depuis l’instant où il avait accepté, sans en avoir guère le choix, d’être au service de la Compagnie des Indes, de la toute-puissance de Lord Beckett.
- J’ai laissé une épouse à Bristol. Elle s’appelle Rose. Elle vous ressemble. Nous avons six enfants, si merveilleux enfants. Je l’aime tant, ma petite Rose… Je crois que ce stylet qui était dans ma main tout à l’heure quand j’ai tué deviendrait l’instrument de ma mort si Rose apprenait un jour ce que j’ai fait pour Lord Beckett… C’est la plus douce, la plus merveilleuse des épouses, comme j’imagine que vous l’êtes vous-même. Elle ne doit pas être l’épouse d’un espion et d’un assassin. Elle ne doit pas savoir, que son cœur soit en paix jusqu’au jour de sa mort.
Il reprit son souffle un instant avant de poursuivre.
- Rose, ma douce Rose m’a donc donné six merveilleux enfants. C’est un rayon de soleil, elle rie sans cesse. Du moins, elle riait. Elle ne rie plus depuis que… Elle a été attaquée comme elle passait devant les bureaux de la Compagnie des Indes, à Bristol. Des voleurs qui l’avaient vue sortir d’un beau magasin de confection et qui la croyait aisée. Elle venait de mettre au monde notre sixième enfant, j’ai voulu lui faire un beau cadeau comme je le faisais les autres fois. A chaque grossesse, je fais des économies tout exprès pour lui faire un cadeau. Je voulais qu’elle aille dans ce bel atelier de confection pour qu’on lui fasse une belle robe, comme pour les dames de la haute société. Une robe comme vous en portez, Mrs Norrington. Ce jour-là, elle venait chercher la robe finie, elle ne voulait pas qu’on la lui porte chez elle. Elle était si contente qu’elle la mit immédiatement et se rendit dans le quartier du port ainsi pour me la montrer le plus vite possible. Elle savait que j’étais allé une fois de plus regarder les bateaux.

Les larmes sillonnaient à présent le visage ravagé par l’émotion de Mr Mercer.
- Ils l’ont frappée pour lui prendre sa bourse. Elle est tombée. Un employé de la Compagnie des Indes est venu à son secours, il a chassé ces hommes et a secouru ma femme. Elle était inconsciente mais il savait que c’était ma femme. En tant que géographe, il m’était arrivé d’aller dans les bureaux de la Compagnie des Indes. Il l’a fait porter chez elle et a appelé un médecin. Les nerfs optiques avaient été touchés. Rose est presque aveugle. Je pourrais même dire qu’elle est aveugle. Elle ne peut voir que des silhouettes. Elle est souvent malade. Elle a toujours été fragile, mais depuis qu’elle est aveugle elle est presque toujours alitée. Elle reconnaît mon pas et celui des enfants et je la vois tendre les bras vers nous lorsque l’un de nous approche de son lit. Elle a beaucoup pleuré lorsqu’elle a compris qu’elle serait toujours aveugle maintenant. Qu’elle ne pourrait jamais voir ses enfants tels qu’ils seraient en grandissant, qu’elle ne me verrait plus. Lorsqu’elle prenait notre nouveau-né dans ses bras pour l’allaiter, elle fondait en larmes en disant qu’elle ne l’avait vu que si peu de temps.

Mr Mercer était livide. Cette confession lui coûtait beaucoup.
- Rose m’avait fait jurer de ne jamais chercher à la venger, mais je ne l’ai pas écoutée. Grâce à l’employé qui l’avait secouru, j’ai pu retrouver ses agresseurs. Je les ai tués. C’est là mon premier crime, c’était une vengeance, il fallait que je tue ces gens qui avaient rendu mon épouse aveugle, ces hommes qui me hantaient chaque fois que j’avais envie de pleurer en la voyant, un pâle sourire aux lèvres, tendre ses bras en m’attendant arriver et me dire « Bobby, de quelle couleur est le ciel aujourd’hui ? », et moi de la voir pâle et affaiblie. Je les ai tués alors qu’un homme magnifiquement vêtu venait d’arriver de Londres. Lord Beckett. Il a assisté à la scène. Il s’est approché de moi et m’a dit être impressionné par la rapidité avec laquelle j’ai tué les agresseurs de Rose avec un stylet que je venais de me procurer. Il m’a dit que je serais pendu si j’étais pris, mais que lui pouvais obtenir ma grâce. Pour cela, je devais rentrer à son service de manière inconditionnelle. Je n’avais pas le choix. J’avais agis sans penser aux conséquences, par désespoir, mais maintenant qu’il parlait de pendaison, je savais que je ne voulais pas laisser Rose et les enfants tous seuls, que je ne pouvais pas les abandonner ni leur infliger le déshonneur de ma pendaison. J’avais juré à Rose. J’ai accepté.

Mr Mercer ne pleurait plus, il n’avait plus de larmes mais sa voix était d’une infinie tristesse.
- Je croyais que Lord Beckett voulait utiliser mes talents de géographe, mais j’ai très vite compris que c’était ce qu’il appelait mes « talents » au stylet qui l’intéressait. J’espionnais également. Un jour, Lord Beckett m’a dit qu’il partait pour les Caraïbes et que je devais l’accompagner. Je n’avais pas le choix. C’est le cœur brisé que j’ai dit à Rose que mon métier de géographe m’obligeait cette fois à partir, comme je le faisais au début. J’avais déjà voyagé pour effectuer des relevés et faire des cartes. Partir pour rester en vie et pouvoir envoyer un peu d’argent à Rose. Je l’ai serrée dans mes bras. Elle était faible et malade ce jour-là. La dernière fois que je l’ai vue, il y a plusieurs mois maintenant. Pauvre Rose. Dire au revoir à mes enfants a aussi été un déchirement. Ils ne sont pas encore très grands. J’étais souvent en voyage d’exploration lorsque j’étais jeune ; je me suis marié tard, et Rose est beaucoup plus jeune que moi. Lord Beckett sait que j’ai une famille, mais il s’en moque, comme il se moque que je sois géographe. Je me suis endurci à son contact. J’en voulais au monde entier pour la souffrance de Rose. Ces sales besognes de Lord Beckett… Voilà aussi pourquoi je souhaitais tout de même aller aux Caraïbes : je ne supportais plus de retourner auprès de Rose et des enfants en sachant ce que je suis devenu. Je voudrais tant pouvoir rentrer, pourtant ! Elle doit être si seule. Dans mes rêves, je me vois revenir à Bristol. Elle me tend les bras. Je suis redevenu l’homme que j’étais avant. Je la serre contre moi.

Le regard de Mr Mercer s’attarda plus longuement sur Rosetta endormie.
- Je ne peux pas vous marquer. Je ne le peux pas. Je sais que je ne peux pas vous marquer, mais je sais aussi qu’il le faudra ou bien Lord Beckett mettra ma famille en danger. Je vous donnerai des drogues qui vous empêcheront de sentir la douleur. Je vous dirai de feindre la douleur. Je vous soignerai ensuite. Je ne peux pas vous faire sortir de prison, ni vous, ni le gouverneur, mais je peux trouver votre époux et lui remettre la lettre que le gouverneur avait écrite pour le Roi. Lord Beckett veut que je parte à sa recherche pour qu’il soit arrêté. Votre époux ira à Londres, il vous sauvera.

Fin.
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MessageSujet: Re: "Confessions" [POTC II]   Sam 11 Nov - 13:00

Ce cher Mercer nous étonnera toujours.

Quel dommage que ce soit la fin, c'est si émouvant. Very Happy

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MessageSujet: Re: "Confessions" [POTC II]   Sam 11 Nov - 14:34

C'était très beau Very Happy
Bravo cheers
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MessageSujet: Re: "Confessions" [POTC II]   

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