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 "Dead Men Tell no Tales" [POTC]

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Ludivine_la_fee_clochette
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Lun 17 Juil - 14:24

histoire vraiment génial Very Happy cheers cheers flower flower
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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 18 Juil - 1:16

Merci encore ! cheers



X Parler est un mot pour négocier


Le jour déclinait, il ferait bientôt nuit.



Désormais seule dans la cabine, Roseta s’était couchée à même le sol pour tenter de chasser le mal de mer qui était revenu. Elle inspirait lentement et profondément comme le médecin du Reina Isabel lui avait appris, puis soufflait de même. Les couleurs qui, à Port Royal, avaient ravivé ses joues maintenant décolorées n’étaient plus. La peur et le mal de mer avaient raison de ses maigres forces. Elle n’avait pas pu toucher au repas que Jack « Monsieur » Sparrow lui avait fait porter. Elle pleurait en pensant à l’effervescence que sa disparition avait dû causer à Port Royal, à la folle inquiétude que devaient avoir Enrique et Axel. Si elle avait eu quelque espoir tant qu’elle était avec Brom, ceux-ci s’étaient évanouis. Le Commodore pourrait bien déployer toute sa flotte, il ne retrouverait jamais le bateau envoyé au fond. Ils penseraient sans doute aux pirates, mais leur survivance au fil des siècles était la preuve même que leurs cachettes étaient imprenables.

Il faisait nuit, à présent. De ces vingt-quatre heures de captivité, Roseta croyait en avoir vécu des milliers. Elle ne pouvait que s’estimer heureuse de ne pas avoir été maltraitée, mais qu’en serait-il une fois arrivée à destination ? Quel était le sort qui l’attendait ? Elle se refusait à se remémorer l’histoire qu’avait contée Brom pendant le souper chez le gouverneur. En attendant, elle ne pouvait qu’attendre et prier, attendre en priant. Jack la trouva ainsi et ne put s’empêcher de faire un de ces commentaires dont il avait le secret.
- Qu’est-ce que tu fais avachie par terre ?



Roseta sursauta et s’empressa de s’asseoir, lissant sa chemise de nuit pour avoir l’air décente.
- J’ai le mal de mer, Monsieur, je l’ai toujours eu depuis que nous sommes partis de Cadiz.
- Et tu ne pouvais pas te coucher sur mon lit ?
- Ooooh ! Mais…
Jack éclata de rire.
- Tu crois que je vais abuser de toi ? C’est toi qui y penses, ma chère, pas moi !
La jeune femme s’empourpra violemment.
- Je suis peut-être un pirate mais je suis un pirate sentimental, moi. J’ai une Samantha et je suis fidèle, moi ! ajouta-t-il.
Son rire redoubla devant la stupeur dans les yeux de Roseta.
- Bah oui, comment on serait des générations de pirates si on ne se mariait pas ? J’ai trouvé ma Samantha dans un bateau, comme toi. Tout le monde se battait sur le pont mais elle ne s’en était même pas rendue compte, elle était le nez collé à la lucarne, dans sa cabine, elle essayait de regarder les étoiles. On avait amarré le bateau de l’autre côté, il ne la gênait pas pour regarder. J’ai désigné la porte de la cabine pour qu’elle me suive mais elle ne voulait pas, toujours ses fichues étoiles. Alors tu sais ce que j’ai dit ?
Roseta fit signe que non.
- J’ai dit qu’elle était plus près de la porte que des étoiles ! conclue Jack, triomphant.

Jack se détourna de la jeune femme. Il ouvrit un placard où un miroir était fixé sur le panneau intérieur de la porte. Il se mit à faire deux petites tresses avec le bout de sa barbiche.
- On approche du lieu de rendez-vous. Ne t’en fais pas, tu vas bientôt voir le Capitaine Waring. Tu vas beaucoup lui plaire. Il est allé délivrer trois de nos gars qui se sont fait mettre en prison dans cette île où nous allons, dans les Antilles espagnoles. Pas seulement faire des provisions. Un de ces jours, on ira aussi faire un tour dans les Antilles françaises. Je sais dire quelques trucs en français ! Je sais dire « parler », c’est ce que nous, les Anglais, on dit pour négocier, sauf que je ne négocie jamais ! Et autre chose de drôle ! Tu vas comprendre, tu parles français mieux qu’espagnol, je m’en suis rendu compte (suédois, je ne t’ai pas encore entendue), alors voilà : en anglais, un first officer, ça devient un officier en second en français. C’est drôle, non ? Tout ça parce que nous on met le Capitaine à part alors que les Français pensent que le Capitaine c’est le premier officier, c’est subtil, tu vois !
Mais Roseta n’écoutait plus cet incurable bavard. Elle redoutait sa rencontre avec le Capitaine Waring. Il n’aurait peut-être pas les mêmes scrupules que Jack.

Satisfait du reflet que lui renvoyait le miroir, Jack fit claquer la porte du placard et alla se jeter sur son fauteuil de Capitaine, pieds sur le bureau. Ses bottes venaient aplatir divers papiers qui traînaient partout : cartes, journal de bord, partitions pour accordéon. Il prit une pomme qu’il mordit à pleines dents, remarquant alors que Roseta n’avait pas touché au repas qu’il lui avait fait apporter.
- Tu vas devenir maigre si tu ne manges pas !
- Je n’ai pas très faim, Monsieur…
- Ah ? Parce que moi, oui ! Les “surprises”, comme ça, en mer, ça me donne faim !
Sous le nez de Roseta, pourtant affamée mais souffrante et apeurée, Jack dévora la pomme.
- Mmmmm… Quel délice… Cette pomme est vraiment succulente…
Il se servit également un généreux verre de rhum, puis un autre. Il jeta un coup d’œil à Roseta qui l’observait, inquiète, de son coin.
- Un petit verre pour une petite madame ?
- N… Non… Monsieur…
- « Non, merci, Monsieur », corrigea le pirate. C’est moi qui te donne des cours de bonnes manières, insolente !
« Il est décidemment bien imprévisible », songea la jeune femme qui l’entendait maintenant répéter plusieurs fois le mot français « parler, parler, parler, parler ». Comme pour lui donner raison, il se mit à chanter.
- Yo ho, yo ho, a pirate’s life for me ! We pillage plunder, we rifle and loot ! Drink up me ‘earties, yo ho ! We kidnap & ravage & don’t give a hoot ! Drink up me ‘earties, yo ho !
Le Blue Lagoon venait d’arriver au point de rendez-vous.
- Yo ho, yo ho, a pirate’s life for me ! We extort & pilfer, we filch & sack ! Drink up me ‘earties, yo ho ! Maraud & embezzle & even highjack ! Drink up me ‘earties, yo ho !
Un compère venait d’entrer dans la cabine.
- On y est, Capitaine Sparrow !
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 18 Juil - 3:07

Ah finir cette suite sur la chanson de POTC donne un élan supplémentaire digne de l'humour de mister Jack Sparrow.

Vivement la suite !

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Ludivine_la_fee_clochette
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 18 Juil - 15:56

vite la suite flower génial surtout qui a jack sparrow dedans mon préféré dans potc Exclamation Exclamation Razz Very Happy cheers flower
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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Sam 29 Juil - 1:03

La suite !



XI Le Capitaine Waring


La mer des Caraïbes était plongée dans la pénombre. Jack vint un instant s’accouder au bastingage. Il connaissait la mer comme sa poche mais le jour tombant, la première pénombre était un spectacle dont il ne se lassait jamais. Prenant le pirate venu le chercher pour témoin, il se prit l’âme d’un poète le temps de quelques instants.
- Paisible est la mer / sombres sont ses vaguelettes / voilà le moment que je préfère / plus beau que la tempête.



Son compagnon attendit qu’il ait fini. Les moments sentimentaux de Jack étaient fréquents, surtout après un bel abordage.
- Entends-tu le silence ? / tout est calme et tranquille / nous avons…
Il s’arrêta pour chercher un mot rimant avec « silence ».
- … nous avons de la chance / les coups de canons sur… LES COUPS DE CANONS ?
Jack abandonna aussitôt sa rêverie pour se précipiter de l’autre côté du Blue Lagoon où tous ses hommes s’étaient déjà regroupés. Il avait bien entendu des coups de canons mais n’était-ce point normal ? Le lieu de rendez-vous avec le Capitaine Waring !

La vue était bien différente de ce côté-ci. Des ocres, des oranges et des rouges perçaient la pénombre, attirant l’œil sur la ville incendiée. C’était l’un des ports de l’île dont Jack avait parlé à Rosetta. Un point qui ne pouvait être comparé à Port Royal, qui possédait des défenses faibles et une fortification instable, maintes fois détruite, maintes fois reconstruite. Dans la baie, un vaisseau identique au Blue Lagoon – dérobé lui aussi – faisait marcher ses canons par moments. Le feu et ses cohortes de fumées s’élevés dans le ciel sombre de la plus menaçante façon, semblant promettre l’Enfer éternel à ceux qui avaient investi l’infortunée ville. Les promesses de damnation ne troublaient pas, pour l’instant, ces pirates rudes, fiers et sans pitié qui s’amusaient des objets trouvés dans les maisons, qui se disputaient déjà le butin. L’un d’eux avait mis sur sa tête tous les chapeaux qu’il avait trouvés et ne parvenait plus à marcher qu’en titubant. D’autres n’avaient pu s’empêcher de goûter les tonneaux de rhum pris dans l’un des entrepôts de la ville. Les demoiselles étaient prises en chasse et l’on vit l’une d’elle se cacher dans un tonneau heureusement vide, une bougie à la main, priant pour qu’on ne la découvre pas. C’était sans compter sur le gosier en pente de ces boucaniers qui volèrent le tonneau sans savoir pour le moment que, s’il n’y avait pas de rhum, il y avait en revanche une jeune fille à l’intérieur. Les habitants, tirés de leur sommeil par les coups de canons, couraient en tout sens, le plus souvent en chemise et bonnet de nuit. Une panique générale se déclencha dès que l’on entendit crier « Les pirates ! ». Il y en avait eu rapidement dans toute la ville, certains se balançaient accrochés à des cordes lancées contre les balcons de fer forgé, couteau entre les dents. Partout, des duels entre les hommes de la ville et les pirates, des épouses en pleurs. Comme dans le cauchemar de Rosetta, à la différence qu’il ne s’agissait pas du gouverneur de la Jamaïque, les pirates s’amusaient à faire plonger un homme dans un puit avant de l’en faire sortir pour le plonger à nouveau, avec un système de poulie. Son épouse se lamentait dans sa langue maternelle qui était l’espagnol mais un coup de fusil finit par être tiré dans ses volets de bois pour la faire taire. La ville brûlait de part en part, les pirates commençaient à partir avec leurs larcins et leurs prisonniers, quelques hommes encore valides mais surtout des prisonnières. Dans une pénombre éclairée par le rougeoiement des flammes, des taches blanches se détachaient des hardes vivement colorées des pirates : les chemises de nuit des jeunes femmes, portées sur l’épaule comme un ballot de linge sale ou traînées par le bras si le pirate avait déjà trop de son butin pour pouvoir porter autre chose. Des cris et des gémissements les accompagnaient, les jambes gigotaient. A l’autre bout des fortifications qui n’étaient déjà plus que ruines, d’autres pirates allèrent délivrer leurs trois compagnons faits prisonniers par les autorités de l’île. Ce fut à la prison que se déroulèrent les derniers combats. Derrière eux, la ville se consumait et bientôt le brasier se changerait en froideur de cendres.

Enfermée dans la cabine de Jack, Roseta n’avait rien vu mais elle se doutait de ce qui se passait. Elle pleurait. Combien de vies seraient-elles encore sacrifiées ?! Prostrée, elle n’osait approcher lorsque, de longs et interminables instants plus tard, la porte s’ouvrit. C’était Jack, accompagné d’un autre homme. Un long frisson glaça l’échine de la jeune femme, elle comprit que cela ne pouvait être que le Capitaine Waring. C’était bien lui, en effet. Il avait laissé ses hommes retourner au vaisseau, le Black Swan, avec le butin et les prisonniers pour se faire conduire sur le Blue Lagoon retrouver Jack.
- Alors, Jack ?
- Elle est là. … Lève-toi ! ordonna-t-il pour Roseta.
La jeune femme frémit de peur mais se dépêcha d’obéir. Elle gardait les yeux baissés, n’osant par regarder le Capitaine Waring. La bougie qu’on lui avait laissée avait fini de se consumer, pourtant la cabine lui sembla soudain très éclairée. Jack venait d’allumer les bougies d’un chandelier. Il le brandit devant Roseta et le passa lentement autour d’elle pour que Waring puisse bien la voir. L’inspection se passa dans un grand silence.
- Lève la tête que je voie comment elle est ! ordonna Waring.
Roseta obéit et découvrit en même temps le visage de l’homme. Elle fut surprise de le trouver plaisant. Il avait des traits réguliers d’après ce qu’elle put en voir, des yeux noirs malicieux et un petit sourire satisfait.
- Mon cher Jamie, je te la vends contre deux tonneaux de rhum !
Jamie Waring éclata de rire.
- Je pourrais l’avoir pour rien !
Les deux hommes s’éloignèrent un instant de Roseta. Elle ne sut pas quelles furent les modalités de l’échange, si Waring allait donner quelque chose à Sparrow, seulement qu’elle venait de changer de mains une nouvelle fois.
- Te voilà ma part de Capitaine ! s’écria Waring, triomphant.
Une fois que Jack eut fait les présentations non sans humour – « Capitaine Jamie Waring, voici Roseta, Roseta, voici le Capitaine Waring» - Jamie décréta qu’il était temps pour lui de regagner son vaisseau avec sa part de Capitaine.



- Viens là, toi !
- Kiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!
Jamie fronça les sourcils en entendant ce cri aigu. Il ceintura la jeune femme.
- Oh la, du calme !
Mais Roseta, prise de panique, se mit à se débattre, à se tordre dans l’étreinte du Capitaine.
- On dirait qu’elle ne veut pas te suivre, commenta Jack.
- Je ne lui demande pas son avis ! … Reste tranquille, Roseta ! Si tu es sage je t’épouserai peut-être !
Jamie remarqua alors qu’elle portait une alliance.
- Ah, tu es une femme mariée ! C’est encore mieux ! Je suis satisfait à l’idée d’une femme expérimentée !

Le Blue Lagoon avait pris la route de Tortuga…
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Sam 29 Juil - 1:19

Ben dis donc, c'est la plus grande source d'inspiration que je n'ai jamais vue.

Bien placée, la touche d'humour à la fin.^^

Tu n'aura jamais fini de nous charmer.

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Sam 29 Juil - 15:38

Rien a dire a part que c'est toujours aussi génial Very Happy Very Happy
A quand la suite? Very Happy flower
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Sam 29 Juil - 19:52

Merci !



XII Part de Capitaine


Il y avait eu Brom, puis Jack, et maintenant Jamie, chaque fois un homme plus terrifiant que le précédent. Roseta avait eu peur de Brom, elle croyait tomber entre les pires mains qui soient puisqu’il l’enlevait sans la connaître et qu’il poussait le vice jusqu’à la faire entrer elle-même dans un sac. Puis, elle l’avait pris en pitié lorsqu’il lui avait conté son histoire. Pitié mêlée de colère, bien sûr, puisque cet homme osait prétendre que la mère de la jeune femme était cause de son malheur alors qu’elle avait été malmenée par cet homme dont il reprochait la mort à sa descendante. Mais pitié tout de même. Brom avait un regard de sincérité en même temps que de folie, c’était étrange. Par la suite, Roseta avait été terrifiée par Jack, elle avait tout de suite pensé qu’il était pire que Brom. C’était un pirate, après tout ! Quoi de pire qu’un pirate ? s’était-elle demandée. Le Hollandais ne l’avait pas maltraitée – mais peut-être n’en avait-il pas eu le temps – en revanche elle avait été convaincue que Jack le ferait. Et maintenant, Jamie Waring… « En définitive le pire de tous » se dit la jeune femme, espérant qu’il n’y aurait pas un quatrième homme.

La cabine de Jamie, sur le Black Swan, était plus spacieuse encore que celle de Jack sur le Blue Lagoon. Signe que le Capitaine Waring avait les plus belles parts de butin. Toujours cheveux défaits, vêtue de sa chemise de nuit et les poignets attachés, Roseta était assise près du bureau. Elle avait déjà vécu pareille situation quelques heures plus tôt, sur l’autre vaisseau. Il lui semblait vivre sans cesse le même cauchemar. Jamie lui avait ordonnée de s’asseoir, puis il était parti sur le pont. A la suite du Black Swan, le Blue Lagoon prenait lui aussi la route de Tortuga sous le commandement du Capitaine Sparrow. A l’approche du petit jour, voyant la mer paisible et l’imminence de leur arrivée dans leur repère, les pirates se mirent à chanter en chœur la chanson que Roseta avait entendu dans la bouche de Jack.
- Yo ho, yo ho, a pirate’s life for me ! We pillage plunder, we rifle and loot ! Drink up me ‘earties, yo ho ! We kidnap & ravage & don’t give a hoot ! Drink up me ‘earties, yo ho !



Ils s’accompagnaient d’accordéons et de guitares.
- Yo ho, yo ho, a pirate’s life for me ! We extort & pilfer, we filch & sack ! Drink up me ‘earties, yo ho ! Maraud & embezzle & even highjack ! Drink up me ‘earties, yo ho !
Elle les entendait de la cabine ; ce chœur de pirates, célébrant leurs méfaits, lui faisait froid dans le dos.
- Yo ho, yo ho, a pirate’s life for me ! We kindle & char & in flame & ignite ! Drink up me ‘earties, yo ho ! We burn up the city, we’re really a fright ! Drink up me ‘earties, yo ho !
La chanson, extrêmement joyeuse d’autant qu’elle était agrémentée de rhum, ne contait pas moins les sinistres exploits des boucaniers.
- We’re rascals & scoundrels, we’re villains & knaves ! Drink up me ‘earties, yo ho ! We’re devils & black sheep, we’re really bad eggs ! Drink up me ‘earties, yo ho !
Roseta ne comprenait pas les paroles qui allaient trop vite, étaient à demi avalées par des voix ivrognes et n’étaient pas de cet anglais littéraire que son précepteur lui avait enseignée dans son château suédois, mais l’entendre suffisait à l’effrayer. L’entendre dans la nuit, comme un écho aux flammes qui avaient ravagé la ville pillée.
- We’re beggars & blighters & ne’er do-well cads ! Drink up me ‘earties, yo ho ! Aye, but we’re loved by our mommies & dads ! Drink up me ‘earties yo ho ! Yo ho, yo ho, a pirate’s life for me !

Roseta se mit à pleurer, se recroquevillant dans le fauteuil à la manière d’un enfant qui cherche protection. Elle n’osait imaginer le sort qui l’attendait entre les mains de Jamie mais elle pensait aussi à sa mère, aux révélations de Brom qui, cependant, n’en disaient pas assez pour qu’elle sache : que lui était-il donc arrivée en cette fameuse année 1790 ? Elle avait peur de comprendre que sa mère avait été enlevée et séquestrée par ce cousin et le père de Brom pour la forcer à signer des papiers. Roseta était bébé, en 1790, elle ne pouvait avoir le moindre souvenir si sa mère avait disparu quelques temps. Elle avait su plus tard que son père n’était pas en Suède cette année-là, il était en France où il luttait contre l’odieuse révolution. Avait-il jamais su ce qui était arrivé à son épouse ? Axel pourrait peut-être le lui dire, il avait lu le Journal de son père après sa mort, mais sa mère avait-elle eu la force de conter cela ? L’arrivée de Jamie coupa la jeune femme de ses tristes pensées pour la ramener à son sort présent.

A pas lent, le Capitaine s’était approché de Roseta. Elle poussa un cri de surprise lorsqu’il posa sa main sur son bras.
- Nerveuse, hein ? Mais il ne faut pas, ma colombe, ce n’est pas la première fois que tu es seule avec un homme !
Un sourire qui ne laissait présager rien de bon sur son visage séduisant, Jamie fit le tour du fauteuil, posant son regard brûlant sur sa proie. Il remarqua que sa poitrine se soulevait de manière irrégulière sous l’effet de la peur, que ses lèvres étaient charnues et que son cou réclamait les plus brûlants baisers. La chemise de nuit s’était un peu déchirée sur les épaules mais la longue chevelure brune l’empêchait de les voir. Il saisit donc les cheveux de Roseta pour les soulever, lui arrachant un autre cri.
- Chut ! Je regarde tes épaules.
Ne les voyant pas assez, il déchira d’un geste brusque le tissu qui les couvrait encore en partie. Nouveau cri. Jamie s’éloigna un instant. Il ouvrit un coffre dont il retira une robe de couleur rose. Il regarda Roseta en grimaçant avant de jeter la robe.
- Non, elle n’ira pas, elle sera trop grande pour toi. Tu es plutôt petite.
Il fouilla ainsi dans le coffre, jetant ça et là les vêtements qu’il examinait rapidement, sourcils froncés, sans être satisfait. Enfin, une robe vert d’eau trouva grâce à ses yeux. Il revint vers sa prisonnière et la lui jeta au visage.



- Tiens, mets-la ! Je vais te détacher les mains, ajouta-t-il en joignant le geste à la parole.
Roseta frotta ses poignets endoloris par les liens qui les avaient serrés pendant deux nuits et un jour.
- Ne me demande pas à qui a appartenu la robe ! prévint Jamie.
Elle n’en avait pas l’intention, elle préférait ne pas savoir. Elle se leva et la regarda. Elle était jolie.
- Quand tu seras habillée, tu n’auras qu’à te coiffer. C’est moche, ses cheveux bouclés devant et pas derrière. Je te donnerai des épingles, que tu puisses faire un chignon correct. Oui, j’en ai. Et si tu es sage, tu pourras même te laver un peu. C’est que je veux que tu sois jolie, moi, pour arriver à Tortuga ! Tu seras ma compagne, la compagne du Capitaine Waring, c’est un très grand honneur ! Et comme je te l’ai dit, il est possible que je t’épouse, j’espère que tu es contente !
La jeune femme préférait ne pas répondre.
- Eh bien, qu’attends-tu ? Déshabilles-toi !
Elle se mit à serrer la robe contre sa poitrine.
- Mais… Il ne faut pas que vous regardiez… dit-elle d’une pauvre voix qui déclencha l’hilarité de Jamie.
- Je reste là. Dépêche-toi, maintenant !
Il ne riait déjà plus, il perdait patience.
- Déshabilles-toi, je veux voir ton corps !
Il se précipita sur elle pour déchirer sa chemise de nuit. Roseta se débattait et criait à pleins poumons sans entendre les rires sur le pont des pirates qui l’entendaient. Portée par un vain désespoir, elle finit par griffer la joue de Jamie. Il la lâcha aussitôt, tous deux interdits devant ce qui venait de se passer. Il reprit vite ses esprits ; Roseta, croyant sa dernière heure venue, leva les bras sur son visage pour se protéger mais il la força à les baisser et lui asséna un revers magistral qui la jeta à terre, évanouie. Il alla ouvrir la porte de la cabine et appela l’un de ses hommes.
- Enferme-la avec les autres filles !
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Sam 29 Juil - 21:34

Moussaillon, je vous tire mon tricorne.^^

Ah que serait ce récit sans l'hymne national de POTC ?

J'en veux encore.

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Dim 30 Juil - 18:53

Merci ! ^^



XIII L’île de Tortuga


Un gémissement franchit ses lèvres. Ses yeux étaient encore clos. Puis, lentement, ses paupières frémirent et s’entrouvrirent enfin. Roseta reprenait conscience. Elle resta couchée encore un peu. Elle sentait la dureté et l’inconfort de planches de bois sous sa tête et tout son corps. Elle devait être étendue à même le sol. Qu’était-il arrivé ? Le Capitaine lui avait ordonnée de se déshabiller puis s’était jeté sur elle parce qu’elle hésitait. Elle se souvint, horrifiée, qu’elle l’avait alors griffé et qu’elle crut qu’il allait la tuer sur le champ. Elle se souvenait ensuite qu’il l’avait violemment frappée puis… plus rien… Elle avait été emportée dans un grand trou noir. Où était-elle, que lui avait-on fait pendant son inconscience ? La peur lui vrillait le ventre au point qu’elle ne sentait plus la faim alors qu’elle n’avait pas mangé depuis… Elle avait oublié depuis quand. Depuis le souper du gouverneur ? Deux nuits et un jour étaient passés depuis. Non, c’était impossible ! Brom l’avait sûrement nourrie. Elle se souvenait seulement avoir refusé de manger ce que Jack lui avait fait apporter, souffrant de mal de mer depuis si longtemps. Quant à Jamie, il ne lui avait rien donnée. Affamée, Roseta l’était, elle n’avait plus que de maigres forces et le revers l’avait fait évanouir. Mais la peur était plus forte encore.

Il faisait noir mais la jeune femme savait qu’elle n’était pas seule. Des voix, des voix de femmes. « Les autres prisonnières ! » pensa-t-elle aussitôt. Elle s’assit lentement et distingua, en effet, des silhouettes autour d’elle. Certaines pleuraient, d’autres étaient sans doute résignées dans leur silence. On avait jeté Roseta dans la cale avec les prisonnières tandis que les prisonniers avaient été transportés sur l’autre vaisseau, celui de Jack, avec les rares survivants de l’équipage de Brom. Les compagnes d’infortune de Roseta étaient, elles aussi, en chemise de nuit, hagardes. C’était des jeunes filles ou des femmes mariées arrachées à leurs époux ou veuves depuis quelques heures. Roseta s’aperçut qu’elle serrait encore contre elle la robe vert d’eau que Jamie avait voulu qu’elle porte.

Le Black Swan suivi du Blue Lagoon semblaient glisser sur la mer tel de silencieux fantômes. Les premières lueurs de l’aube commençaient à écarter les noirs nuages de la nuit mais la lune argentée n’était pas prête de céder sa place. Un voile de brume enveloppait légèrement les bateaux, des tons de gris et de bleus gris révélaient parfois des épaves fracassées sur des rochers : Tortuga n’était pas loin ! Le repère des pirates, plus ancien et plus légendaire de ce fait que la fabuleuse Maracaïbo, était en effet protégé par une ceinture de rochers qui rendaient difficile son accès à ceux qui ne connaissaient pas les lieux. Les violentes tempêtes, cependant, étaient aussi fatales aux pirates et l’on trouvait parfois sur ses épaves un mas portant encore le pavillon noir. Les autres appartenaient aux imprudents ou aux équipages ayant perdu leur cap et dérivant à cause d’une tempête. Les marins s’étaient tus depuis longtemps et un grand silence régnait sur chacun des deux bateaux comme un profond respect devant ce cimetière marin.

« Tortuga ! »



Ce cri venait d’arracher Roseta à un sommeil de quelques heures. Elle s’était endormie peut après avoir repris conscience. Un sommeil réparateur, elle était épuisée. Sans rêves, mais sans cauchemars non plus. Et, « qui dort dîne », dit-on. Elle se frotta doucement les yeux et s’assit de nouveau. Il faisait jour, à présent, les rayons d’un pâle soleil passaient à travers les grilles qui fermaient la cale. Elle vit ses compagnes pour la première fois mais n’eut guère le loisir de s’attarder et ne remarqua réellement qu’une femme du fait de sa chevelure rousse : la lourde grille s’ouvrit et on leur cria à toutes de sortir, le voyage était fini.




En rang les unes derrière les autres, les prisonnières quittèrent le bateau et posèrent le pied sur le port de Tortuga, découvrant le célèbre repère qui glaçait d’effroi quiconque vivait sur une île des Caraïbes. Les habitants dormaient encore, l’accueil serait pour plus tard. Seuls les hommes chargés de surveiller l’entrée du port saluèrent l’arrivée des deux bateaux. On fit avancer les prisonniers le long d’un quai baigné de brume. Des tavernes s’affichaient les unes à côté des autres. Au bout du quai, à l’angle d’une rue, l’enseigne « Chez Farrell, Au Maquereau de la Mer d’Irlande » grinçait de manière sinistre. La ville était plus convenable une fois laissés de côté ces lieux de débauche et de vices. Après être passé sous des voûtes de pierre suintantes d’humidité, des maisons parurent enfin.

A sa grande surprise, Roseta fut séparée des autres. Elle se retrouvait à nouveau avec Jack tandis que l’on conduisait ses compagnes et les prisonniers Dieu sait où.
- Que se passe-t-il ? eut-elle la force de murmurer alors même que la faim la prenait de nouveau et rendait ses pas difficiles.
- Tu es épuisée, répondit Jack, tu ne serviras à rien si tu y restes alors le Capitaine Waring m’a demandé de t’emmener chez moi pour que ma femme s’occupe de toi et te remette d’aplomb. Les autres filles avaient soupé avant l’attaque mais toi je ne crois pas me tromper en disant que tu meurs de faim. Tu n’as pas voulu m’écouter, tu te souviens ?
Comme pour lui donner raison, Roseta fut prise de faiblesse et chancela. Jack dut la soulever dans ses bras et la porter jusque chez lui, à demi évanouie.

Venue à la rencontre de son mari, Samantha se précipita aussitôt en voyant la jeune femme. Mrs Sparrow était un parfait contraste avec l’île de Tortuga. Elle n’était que bonté et douceur, une âme pure et charitable parmi les brebis égarées. Singulier duo que cette jeune femme blonde et Sparrow, mais un véritable amour existait entre eux. Samantha connaissait le véritable Jack.
- La pauvre jeune femme ! Que lui est-il arrivé ?
Roseta venait de perdre connaissance pour de bon. Elle n’avait pas vu Mrs Sparrow.
- Elle est très faible, elle a besoin de manger et de dormir. Jamie veut qu’elle soit rétablie demain pour…
Jack, gêné, baissa la voix.
- … pour les enchères…
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Dim 30 Juil - 20:52

Tortuga, enfin. ^^

Je sens qu'il va y avoir une scène très mouvementée, comme toutes les autres d'ailleurs.

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Lun 31 Juil - 21:08

XIV Jeune femme à marier


A bout de forces, Roseta avait fini par s’endormir. Elle était revenue à elle au moment où Samantha aidait son mari à la coucher. Elle avait sentit la toile rugueuse des draps et le doux visage de Mrs Sparrow s’était penché sur elle.
- Reposez-vous, ne vous inquiétez pas. Je suis Mrs Sparrow. Je vais vous donner à boire et à manger.
A demi morte de faim, Roseta s’était jetée sur ce que la femme de Jack lui apporta.
- Doucement… Vous allez vous étouffer… Je vous en donnerai à nouveau tout à l’heure.
Il en fut de même lorsqu’elle revint avec une carafe d’eau douce. La faim et la soif apaisées, Roseta s’était ensuite endormie tout doucement comme pour fuir le sort qui s’acharnait contre elle depuis que Brom avait posé ses regards sur elle. Samantha alla rejoindre son mari qui attendait dans la pièce voisine, ayant préféré les laisser seules.

Ce fut de nouveau Mrs Sparrow sans Jack que Roseta vit à son chevet lorsqu’elle s’éveilla de longues heures plus tard.
- Je vois que vous avez bien dormi, Mrs Monastorio.
La voix de Samantha était si douce que Roseta se sentit immédiatement en sécurité et en confiance. Elle avait dormi si longtemps parce qu’elle était éreintée, mais également parce qu’elle s’était sentie protégée.
- Vous… Vous connaissez donc mon nom, Madame ?
Samantha souriait avec bienveillance.
- Mon mari me l’a dit. … C’est Jack Sparrow, précisa-t-elle. Je suis Samantha Sparrow, son épouse. Je crois que vous comprenez notre langue si nous parlons doucement, mais je peux vous parler espagnol si vous le désirez.
- Je… Merci… Je peux comprendre…
Samantha lui dit qu’elle avait préparé un bouillon. Ayant encore faim, Roseta le but jusqu’à la dernière goutte. C’était chaud, cela lui faisait du bien, elle se détendait. Lentement, ses yeux se fermèrent, la drogue faisait effet.

La porte de la chambre s’ouvrit quelques instants plus tard alors que Roseta était déjà profondément endormie.
- Je lui ai donnée un sédatif, dit Samantha, il faut qu’elle dorme.
Jack était à quelques pas derrière elle.
- Elle est épuisée et cependant elle n’a dormi que quelques heures. Jamie sera content, elle sera rétablie demain quand…
La voix de Samantha se brisa. Jack alla jusqu’à elle et la prit tendrement dans ses bras.
- Je sais ce que tu penses…
- Pardonne-moi, Jack, mais cela me peine de devoir demain la coiffer, l’habiller, en un mot la faire belle pour la vente aux enchères…
- Je sais…
- J’ai eu beaucoup de chance en étant choisi par toi, il y a deux ans. J’ai appris à t’aimer et maintenant je suis si heureuse que j’en oublie mon passé. J’étais orpheline, je me rendais aux Amériques sans savoir qu’y trouver et… je peux dire que tu m’as sauvée en fin de compte. Tu as su me rendre heureuse. Mais elle… Elle est mariée… Elle n’est pas faite pour vivre ici… Elle n’est pas désemparée à la recherche d’une vie meilleure !



- Hélas, c’est ainsi ! Je ne pouvais pas la laisser sur le bateau où je l’ai trouvée, elle aurait péri noyée.
Samantha fut forcée d’admettre que son mari avait raison.
- Et puis… Je sais que tu seras son amie, Chérie. Cela l’aidera.

Les effets du somnifère que Samantha lui avait administré se dissipèrent à l’aube du lendemain matin. Roseta avait repris des couleurs et déjeuna de bon appétit. Elle remarqua cependant que Mrs Sparrow était mal à l’aise. Elle lui en demanda timidement la raison.
- C’est que… Il faut bien vous le dire, de toute façon… Je… Vous… Vous allez être vendue aux enchères tout à l’heure avec les autres prisonnières et je dois vous baigner, vous habiller et vous coiffer, c’est un ordre du Capitaine Waring…
La jeune femme poussa un cri de surprise suivi d’un gémissement plaintif.
- Non… Noooon…
Samantha s’assit à son chevet et la prit dans ses bras, tentant de l’apaiser. Elle avait le cœur serré, les larmes aux yeux.
- Ce sont les ordres, je suis si désolée… Non, ne pleurez pas, je vous en prie… Je suis votre amie… Souvenez-vous que je suis votre amie… Je le serai toujours… Je suis passée par là moi aussi…



Elle la berçait doucement, bouleversée par les frissons qui agitaient le corps de Roseta. Elle parvint non sans mal à la calmer, à force de répéter qu’elle était son amie ainsi que Jack.
- Vous devez voir que dans tout malheur il y a quelque chose de ne point trop mauvais, reprit Samantha
Elle avait été incapable de dire « que dans tout malheur il y a du bon » tant elle comprenait que Roseta ne voit pas ce qui était bon pour elle dans tout cela.
- Le Capitaine Waring m’a fait part de son désir de faire de vous sa compagne mais vous l’avez griffé ce qui l’a mis très en colère. Il a alors décidé que vous partageriez le sort des autres prisonnières. Ce sera donc un autre homme qui deviendra votre mari.
Roseta fut grandement surprise.
- Un mari ?
- Oui, voilà justement ce qui doit un peu vous consoler bien que je comprenne votre désarroi et votre peur pour l’avoir vécue. Les tavernes n’ont pas besoin de filles, elles ont tout ce qui leur faut, mais nous avons à Tortuga des célibataires désireux de se marier. Vous… Vous ne serez pas fille de taverne, vous… Vous serez une épouse et une mère… Vous aurez peut-être un mari très correct. Il y a par exemple Turner, le forgeron. Il ne va jamais en mer, ce n’est donc pas vraiment un pirate, il ne fait que fabriquer des armes mais ne s’en sert pas. De plus il est fort beau garçon…
- Je suis déjà mariée.
Samantha baissa la tête. Elle faisait de son mieux pour la rassurer mais elle-même ne croyait guère ce qu’elle disait. Certes, c’était ainsi qu’elle avait épousé Jack, certes Turner était célibataire et séduisant, mais il y avait tous les autres et elle savait que Roseta serait malheureuse.
- Je ne puis qu’être votre amie, je suis sincèrement désolée…
La mort de l’âme, Roseta se résigna. Elle avait encore l’espoir que le Commodore lance ses vaisseaux à sa recherche. A plusieurs reprises au cours de sa captivité elle s’était dite perdue, mais elle avait encore ce fol espoir. Son mari, son frère et le Commodore allaient venir, ce n’était qu’une question de jours. En attendant, elle supporterait ce qui lui arriverait. Elle remerciait le Ciel de ne plus être vierge, son déshonneur ne serait point le même.
- Je vous crois… Votre amitié me réconfortera…
Elle inspira profondément.
- Je suis prête, j’ai fini de déjeuner. Vous pouvez m’habiller et me coiffer. Je serai aise de quitter cette chemise de nuit.
Une idée vint alors à Samantha comme elle conduisait Roseta dans son cabinet de toilette : il fallait à tout prix que ce soit Turner qui emporte les enchères. Il était le seul qui puisse convenir à une jeune femme comme Roseta. Il serait gentil avec elle et épouse de forgeron était ce qu’elle pouvait trouver de plus honorable sur Tortuga. Samantha irait le trouver et le persuaderait de la sauver…
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 1 Aoû - 13:53

cheers cheers cheers bounce Very Happy Bravo!!!J'adore
A quand la suite????? Very Happy I love you J'adore
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 1 Aoû - 16:01

Merci ! Voilà la suite ! cheers



XV La forge de Turner


La toilette de Roseta se fit dans un lourd silence. Samantha sentait que rien de ce qu’elle pourrait dire ne suffirait à consoler la pauvre jeune femme puisqu’elle ne pouvait empêcher son sort de se nouer pendant cette vente. Elle ne pouvait qu’adoucir ce sort et il fallait faire vite. Roseta, quant à elle, ne pleurait plus. Elle était résignée. Son malheur avait été décidé dès l’instant où Brom lui avait été présentée, ce nom surgi du passé que pourtant elle ne connaissait pas. L’attaque des pirates avait détourné le destin de Roseta mais ne l’avait point amélioré. Son sort n’avait fait que changer de mains, les pirates ne faisaient que prendre le relais de Brom. D’abord absente, la jeune femme s’était ensuite concentrée sur son reflet dans le miroir en pied de Samantha. Le bain qu’elle lui avait donnée lui avait fait un bien infini. Elle se sentait plus détendue, ses membres semblaient plus légers. Elle avait rêvé de ce bain depuis ces instants passés dans le sac de toile grossière de Brom. Elle reconnut la robe que lui présenta Samantha. C’était celle que le Capitaine Waring avait voulu qu’elle mette. Elle y consentit cette fois. Tandis que Samantha laçait les rubans, elle se demandait comment l’avait-elle eu en sa possession, si le Capitaine était venu lui ordonner de l’habiller de la sorte, avant de se souvenir qu’à son arrivée elle serrait encore la robe contre sa poitrine. Roseta dut reconnaître qu’elle était jolie et qu’elle la portait bien en dépit du fait qu’elle n’ait point été confectionnée pour elle, sur ses mesures. La jeune femme était petite et menue mais en serrant les lacets la robe lui allait fort bien. Elle était contente de quitter enfin cette chemise de nuit qui resterait à jamais associée à son enlèvement et toutes ses mésaventures en mer. Samantha s’occupa enfin de sa chevelure qu’elle arrangea en chignon et boucles. Son amie était prête pour un bien étrange mariage.

L’heure des enchères était venue. Un homme avait frappé à la porte de la maison des Sparrows pour réclamer la prisonnière. Samantha accompagna son amie.
- Merci de votre gentillesse…
C’était les premières paroles de Roseta depuis qu’elle savait ce qu’on allait faire d’elle. Ces simples mots, prononcés d’une voix très triste, bouleversèrent Samantha. Elle prit sa main entre les siennes, lui offrit un sourire encourageant, puis se blottit dans les bras de Jack qui venait d’arriver. Roseta savait que maintenant il fallait y aller, aller à la rencontre de son destin une fois de plus, destin qui se scellerait peut-être définitivement cette fois. Devant la maison des Sparrows, les prisonnières du Black Swan attendaient leur dernière compagne pour rejoindre la place du marché où se tenaient habituellement les enchères. Elles étaient à la file indienne le long de la rue, toutes retenues par une seule et même corde qui leur prenait la taille et laissait environ un mètre entre chacune d’entre elle. Roseta reconnut la femme rousse qu’elle avait remarquée dans la cale en raison de sa chevelure flamboyante. Elle portait une robe de couleur pourpre qui ne manquait pas de la distinguer des autres. L’homme venu chercher Roseta s’avança.
- Tout le monde t’attend, tu vois ! Tu as eu des privilèges jusqu’à maintenant mais c’est fini, tu vas partager le sort des autres ! dit-il en ricanant méchamment.
Avec rudesse, il empoigna Roseta qui ne put s’empêcher de gémir et la conduisit à l’arrière du convoi. Il la lâcha d’abord, certain qu’elle ne s’enfuirait pas, détacha la dernière femme pour lui donner sa place et qu’elle continue ainsi de fermer la marche. Il convoitait cette dernière et tenait ainsi à l’avoir au plus près de lui. Roseta fut donc placée avant-dernière. Il passa la grosse corde rugueuse autour de sa taille et serra sans se soucier de lui faire mal. Il fit de même pour la femme derrière elle, prit la dernière extrémité de corde et donna l’ordre de marche. Le convoi se mit en route. Tête baissée, Roseta se mit à pleurer doucement. Elle ne vit pas que Samantha était partie.

Lorsque l’homme avait empoigné sa malheureuse amie, Samantha s’était éclipsée. Il n’y avait pas une minute à perdre si elle voulait l’aider. Elle courut à perdre haleine dans les ruelles étroites de Tortuga, attirant les regards sur son passage. Elle ne s’arrêta que devant l’atelier du forgeron, essoufflée au point de devoir prendre quelques secondes pour se remettre.
- Will, il faut que tu me rende un très grand service !
Turner était un ami des Sparrows. Il avait beaucoup de respect pour Samantha dont il appréciait la gentillesse et la douceur. En la voyant arriver, il lui sourit gentiment et reposa son lourd marteau et épongea son front avec la manche de sa chemise. La chaleur qui régnait en permanence dans la forge le mettait en sueur dès le matin. . C’était un métier rude mais honnête.
- Notre invitée ! La jeune femme que Jack a ramenée sur son bateau ! Tu sais, il t’en a parlé hier ! C’est maintenant, ils vont la vendre ! Je t’en supplie, Will, tu es célibataire, fais quelque chose !
Jamais encore Turner n’avait vu son amie si agitée. Les mots se bousculaient dans sa bouche, elle ne pensait déjà plus à respirer. Abasourdi, il comprenait ce qu’elle attendait de lui.
- C’est le service que tu veux que je te rende ? Que je prenne cette fille pour épouse ?
- Oui ! Tu es le mieux de l’île Jack excepté !
- Ah, je suis flatté !
- Mais nous n’avons pas de temps à perdre ! trépigna Samantha qui commençait à perdre patience dans son affolement et la chaleur qui l’étreignait dans cette forge dont elle était pressée de ressortir.
- Je ne veux pas de femme, moi !
- Mais tu n’es pas obligée d’en faire vraiment ta femme ! Tu peux, euh… en faire une petite sœur ! Ou une servante ! Je te demande juste de l’aider ! Elle est mariée et elle ne reverra probablement jamais son mari, je veux juste qu’elle n’ait pas en plus de ce malheur celui de supporter n’importe qui.
Turner fronça les sourcils.



- Une chose m’échappe : pourquoi elle et pas une autre ?
- Je ne sais pas, reconnut Samantha en se calmant un peu. Peut-être parce que je me dis que si Dieu l’a envoyée dans ma maison c’est parce qu’il faut l’aider.
Poussant un long soupir, Turner finit par enlever son tablier de cuir.
- Bon, très bien. On y va. J’espère qu’elle est jolie et qu’elle ne va pas tout mettre sans dessus dessous ni faire de caprices !



- Ooh, merci, Will !! Elle est très jolie et elle ne te demandera rien ! Merci, Will !!
Un peu gêné devant l’explosion de joie de son amie, Turner posa une pancarte sur la porte de l’atelier : « Je suis absent pour le moment, signé : Will Turner ». Il fallait maintenant se hâter de rejoindre la place du marché. Par bonheur, Roseta était l’avant-dernière prisonnière, ils arriveraient à temps…
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 1 Aoû - 16:52

Bravo bravo,j'adore Very Happy I love you Very Happy sunny flower flower flower flower flower
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 1 Aoû - 19:17

C'est vraiment impressionnant, tout le monde y est impliqué...

Je sens que quelqu'un de très important va se manifester d'ici peu.^^

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mer 2 Aoû - 1:34

Merci ! cheers



XVI Orage tropical


Pendant que Samantha sollicitait l’aide de Turner dans sa forge, le convoi des prisonnières se dirigeait vers la place du marché de Tortuga. Elles étaient sept jeunes femmes attachées les unes aux autres, avançant avec la lenteur et la résignation d’un condamné qui se sait déjà mort. Roseta prenait garde à ne point trébucher. Sa robe un peu grande lui seyait grâce aux lacets que Mrs Sparrow avait noués habilement mais elle était trop longue. Par chance, ses mains n’étaient pas entravées, de sorte qu’elle put tenir la jupe en particulier lorsqu’il fallut passer sur un pont. Roseta découvrait Tortuga sous un nouveau visage. A son arrivée, aux premières heures du jour, elle n’en avait vu qu’un quai déserté, bordé de sinistres tavernes. En cet instant, la ville était animée et elle fut surprise de constater que chacun vaquait à ses occupations comme en n’importe quel autre lieu. Cela lui rappelait presque le port de Cadiz où elle avait embarqué avec son mari et son frère. Les hommes s’occupaient de filets de pêche, les femmes discutaient entre elles en se rendant au marché, les enfants couraient en tous sens. Elle remarqua des échoppes, des ateliers d’artisans, des étales de marchandises. Tortuga pourvoyait aux besoins de tous ses habitants. A l’extérieur de la ville, des terres étaient cultivables et des fermes pratiquaient l’élevage. Ce qu’il manquait provenait des bateaux attaqués, de sorte que l’île vivait en autarcie pour ce qui lui était essentiel et vital, et d’« importations forcées », selon les mots de Jamie, pour ce qui était superflu. La piraterie avait enrichi l’île de manière significative. Le partage des butins et l’usage qui en était fait rendaient les affaires florissantes. Un véritable commerce avec le continent sud-américain avait été mis en place au siècle passé lorsque les pirates s’étaient installés à Maracaïbo, sur la côte vénézuelienne. Roseta comprit que toute société, qu’elle soit pirate ou non, fonctionnait de manière semblable à sa voisine. A Port Royal, elle avait entendu le Commodore parlait des cultures, des élevages, des marchés, du coton et tout cela lui semblait maintenant familier.

La place du marché était située en bordure de quai. Des paniers regorgeant de fruits, de légumes et d’épices étaient amassés sur les pavés et offraient d’agréables senteurs colorées. Roseta aperçut également des étales d’étoffes. Les habitants de Tortuga confectionnaient eux-mêmes leurs vêtements à partir de plantes telles que le chanvre qu’ils cultivaient dont ils extrayaient les fibres qu’ils tissaient et teignaient, la culture du coton était également un peu pratiquée, mais les vêtements les plus beaux provenaient des étoffes de prix que les bateaux transportaient au Nouveau Monde en provenance d’Europe. Enfin, elle remarqua des chèvres et des poules. L’homme qui fermait la marche ordonna enfin aux prisonnières de s’arrêter, elles étaient arrivées. Un grand emplacement inoccupé les attendait. En face, de l’autre côté du bras de mer, étroit en cet endroit, plusieurs rangées de marches, disposées comme dans les antiques amphithéâtres du vieux continent, permettaient aux pirates de faire leur choix. Ils étaient d’ailleurs déjà nombreux à s’être rassemblés. La plupart par curiosité, pour voir les filles et pour passer le temps pendant que leurs femmes faisaient le marché. D’autres avec l’intention de retourner chez eux avec une épouse. L’arrivée des prisonnières fut saluée avec forces hourras et sifflements. Adressant un sourire de connaisseur aux unes et aux autres, aux jeunes femmes et aux acheteurs potentiels, l’homme chargé des enchères ouvrit la séance en déployant une immense banderole confectionnée dans une voile de bateau sur laquelle était inscrit - en français, remarqua Rosetta - « Vente aux enchères : prenez une fille pour épouse ».
- Public auction, rappela l’homme, a wife ! i,Una esposa !

Soudain, alors que la première fille allait être présentée, un craquement déchira le ciel et un violent orage, suivi de pluies diluviennes dispersa la foule.



L’air, très lourd depuis plusieurs jours, laissait présager ces intempéries mais pas si tôt dans la journée. L’amoncellement de nuages était soudain et le ciel était devenu gris et menaçant de minute en minute. Samantha et Turner arrivèrent sur la place au même moment. Ils avaient vu le ciel comme ils passaient sur le pont de pierre que Roseta et ses compagnes avaient franchis peu avant eux. Ils virent la foule déserter les lieux rapidement tandis que le responsable des enchères criait qu’elles reprendraient dès que la pluie aurait cessé. En attendant, les prisonnières furent enfermées dans la grande salle de la cantina qui donnait sur l’arrière de l’emplacement de la vente.

Les heures passèrent. Roseta ne put s’empêcher de songer au terrible orage qui avait secoué le Reina Isabel, provoquant leur escale à Port Royal. Les orages tropicaux étaient bien terribles, se disait-elle, effrayée par les claquements et les violents faisceaux de lumière qui venaient frapper les vitres de la cantina à intervalles réguliers. Le vent s’était levé. Elle devinait les branches des palmiers violemment secouées par ces rafales dont elle entendait le sifflement sinistre. Le climat tropical était plein de surprise et si changeant ! L’une de ces branches heurtait parfois ces mêmes vitres. Les heures passèrent. La pluie resta après l’orage. Roseta avait eu le temps de se livrer à ses pensées. Les autres devaient faire de même car un profond silence s’était installé dans la salle. L’homme chargé de les surveiller et les responsables des enchères jouaient aux cartes à une table.

Roseta avait d’abord pleuré en silence au douloureux souvenir d’Enrique et Axel, puis prié pour qu’ils arrivent bientôt la sauver.



Elle avait ensuite chassé de sombres pensées pour se résigner à nouveau. Elle avait aperçu Samantha, elle était venue. Elle était avec un homme, était-ce ce forgeron dont elle lui avait parlée ? Il lui avait semblé agréable, du peu qu’elle en avait vu, mais point aussi séduisant que le Capitaine Waring, dut admettre la jeune femme en rougissant abondamment. De bien étranges sentiments l’envahissaient peu à peu et elle se surprit à superposer parfois l’image du Capitaine pourtant responsable de son malheur présent à celle d’Enrique qu’elle aimait pourtant de tout son cœur.

Comment chasser ces images indécentes ? Comment osaient-elles l’effleurer ? Roseta était horrifiée d’elle-même, de sa légèreté qu’elle découvrait honteusement. Elle avait éprouvé un penchant pour le Commodore Norrington et elle avait répondu « moi aussi » lors de la promenade sur les rempares, alors qu’il lui disait qu’il aurait aimé l’avoir connue avant Enrique pour pouvoir l’épouser. Cet incident avait choqué la jeune femme. Non les paroles du Commodore, qu’elle crut un instant avoir rêvées, mais sa propre réaction, ce qu’elle nommait presque une trahison vis-à-vis d’Enrique. Maintenant, elle se surprenait à éprouver une attirance pour le Capitaine Waring…
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mer 2 Aoû - 17:59

XVII « Faites votre offre, pour cette charmante jeune femme ! »


La fin des pluies torrentielles fut le signal de la reprise de la vente. Il était très tard, il avait fallu allumer les lanternes de la salle de la cantina. La nuit tropicale s’apprêtait à tomber sur l’île de Tortuga. Tout était à nouveau serein. Cette quiétude avait attiré l’attention des deux hommes qui jouaient aux cartes près d’une fenêtre. Ils échangèrent un signe de tête puis se levèrent. L’un alla sonner une cloche sur la place du marché tandis que l’autre ordonnait aux filles de se lever. Elles quittèrent la cantina à la file indienne comme elles y étaient entrées, toujours attachées. La pression de la corde serrée autour de la taille était devenue douloureuse au fil des heures. Les pavés étaient trempés, les palmes chargées d’eau. Près des lieux de la vente, un pont à la voûte de pierre laissait perler quelques gouttes de pluie dans le bras de mer. Il semblait suinter de la sorte. L’air était humide au lieu d’être poisseux.

Il est parfois de ces questions pratiques que l’on se pose dans les moments les plus inopportuns. Roseta se demandait avec curiosité comment l’homme espérait-il faire revenir les clients en agitant une simple cloche alors que la nuit venait de tomber et que seules des rangées de lanternes éclairaient la scène. C’était compter sans la popularité des ventes aux enchères à Tortuga ! Au moindre signe que la pluie avait cessé, les pirates du matin se précipitèrent à nouveau sur la place du marché. L’un se fit remarquer sortant de chez lui en courant parce que poursuivit par sa femme et son balai. La pluie n’en avait pas empêché d’autres de se rendre dans les tavernes mais elles furent désertées lorsque l’on cria que la pluie avait cessé, signe que la vente allait commencer. Roseta vit revenir l’homme qui accompagnait Samantha le matin mais point son amie, probablement en raison de l’heure tardive. Jack, cependant, était là, sans doute pour rassurer sa femme à propos du sort de leur nouvelle amie. Roseta le vit, en effet, adresser quelques mots à l’oreille du jeune forgeron. Elle baissa la tête. Il était effectivement l’un des rares parmi l’assemblée qui ne la répugnait pas. Il faisait sombre, mais les pirates étaient venus avec des lanternes supplémentaires qu’ils installèrent autour d’eux sur les marches où ils prenaient place comme au spectacle, de sorte qu’ils voyaient fort bien les prisonnières, elles-mêmes éclairées par les autres lanternes, et qu’elles voyaient bien de même les acheteurs potentiels.

La vente commença. Les prisonnières, au nombre de sept, étaient tour à tour conduites sur le bord du quai pour y être montrées. La première trouva rapidement acquéreurs. Roseta frissonna en voyant la mine patibulaire de l’heureux mari. Elle était obligée de reconnaître qu’elle avait de la chance de connaître Mr et Mrs Sparrow, d’être destinée à un homme qui était loin d’être repoussant et que Samantha avait dépeint comme « pacifique ». Elle se soumettrait donc, elle serait l’épouse du forgeron en attendant qu’Enrique vienne la sauver. Samantha lui avait que « dans tout malheur il y a quelque chose de ne point trop mauvais » : ce simulacre de mariage empêcherait peut-être Roseta de penser que le Capitaine Waring était décidemment séduisant, considération qu’elle ne pouvait admettre et qu’elle se reprochait amèrement. Alors que les pirates congratulaient le nouveau couple, que les perdants de la première enchère criaient de désappointement, l’homme chargé des enchères fit venir la deuxième jeune femme et reprit son discours :
- Faites votre offre, pour cette charmante jeune femme !
- Six… gémit une voix pâteuse.
- Six ! Qui dit…
- … six bouteilles de rhum ! acheva la même voix.
Celui qui faisait office de commissaire-priseur s’agaçait.
- Garde ton rhum ! C’est de l’or, que je veux !
Les autres s’impatientaient. Ils étaient pressés de retourner qui à la taverne, qui chez lui. Les célibataires espéraient une nuit de noces et avaient hâte.
- On veut la rouquine ! On veut la rouquine ! On veut la rouquine ! entendait-on crier de toutes parts.
La deuxième fille revint donc à l’ivrogne. Roseta, le cœur serrée, la regarda partir en pleurant en fois détachée de ses compagnes. Pendant ce temps, la femme rousse était l’objet de toutes les attentions. Son arrivée fut grandement saluée par l’assistance, satisfaite. Les pirates en vinrent presque aux mains et aux couteaux pour avoir l’honneur d’être le mari de « la rouquine ».



Roseta, bouleversée, frêle et fragile, porta à ses yeux un mouchoir que Samantha lui avait donné avant son départ et glissé dans l’une des manches de la robe. Elle fondait en larmes et entendait à peine la femme derrière elle, plus âgée, qui teintait de la rassurer et de la réconforter.



Ce fut le tour de Roseta. Les deux filles devant elle étaient maintenant parties avec leurs époux après le tour de la rouquine. La jeune femme, comme dans un état second, ne s’en était à peine rendue compte. Le tour de Roseta, son tour d’être jetée aux lions, offerte en pâture aux regards. Elle comprit pourquoi la corde laissait un mètre entre deux filles, c’était pour permettre d’avancer jusqu’au bord du quai tandis que la suivante attendait depuis sa place. En larmes, Roseta ferma les yeux et dit une courte prière pour que la présence de Jack et de son ami soit bon signe pour elle. Comme venue de loin, elle entendit la voix dire, cette fois pour elle :
- Faites votre offre, pour cette charmante jeune femme !
Roseta était mise aux enchères, le moment était arrivé. Une pensée affreuse vint alors, et si le forgeron n’avait pas assez d’argent pour surenchérir le dernier ? Elle ne connaissait pas sa voix, pas plus qu’elle connaissait son nom. Elle entendait quelqu’un surenchérir à chaque fois qu’un autre parlait. Était-ce le forgeron ? Allait-elle le ruiner ? Elle savait qu’elle culpabiliserait pour cela et pourtant elle ne voulait pas qu’un autre l’emporte. D’affreuses minutes qui durèrent des heures s’écoulèrent. Enfin, ce fut fini. Du moins le crut-elle.
- 48 ? 48 une fois, 48 deux fois, 48 tr…
- Attendez, je dis 50 !

Roseta ouvrit les yeux, cette voix comme surgit du lointain lui était presque familière. Elle sut que son intuition était bonne en voyant que c’était le Capitaine Waring.
Jamie s’était délecté de ses enchères, dissimulé non loin de là, fermement décidé à n’intervenir qu’à la dernière minute. Cette fois, c’était fait, Roseta devenait légalement sa propriété. Il se précipita sur le pont et en quelques enjambées se retrouva de l’autre côté, se tenant devant la jeune femme, fièrement campé sur ses jambes, mains sur les hanches.
- Détache-la, dépêche-toi ! ordonna-t-il au commissaire-priseur. Je te paierai demain.
La corde fut aussitôt retirée de la taille de Roseta et l’homme la poussa dans les bras de Jamie.
- Te voilà mon épouse ! s’écria le Capitaine Waring, triomphant
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mer 2 Aoû - 21:02

Oh voilà une beau retournement de situation qui laisse le public surpris par cet événement et qui en redemande.^^

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mer 2 Aoû - 21:03

Bravo I love you j'adore I love you Very Happy mais la pauvre être la femme du Capitaine Waring Sad Sad j'aurais préféré que ce soir Will Turner .Mais t'inquitete pas j'adore quand meme ton histoire I love you cheers sunny flower Very Happy Very Happy cheers sunny flower J'attend avec impatience la suite Very Happy
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Jeu 3 Aoû - 11:38

Hi hi hi hi ! Vous ne vous y attendiez pas ! Twisted Evil Laughing Enfin moi je préfère qu'elle soit avec le Capitaine Waring, il est interprété par Tyrone Poweeeeer un de mes chéris ! Embarassed Twisted Evil



XVIII Mrs Jamie Waring


Les événements s’enchaînaient rapidement pour Roseta après les heures d’attente passées dans la cantina. A peine se rendit-elle compte qu’on la poussait dans les bras de Jamie que ce dernier l’enlaçait brusquement pour susurrer doucement à son oreille « Mrs Jamie Waring ».



L’euphorie le gagnait, l’extrême satisfaction de paraître sous ses yeux à la place de Turner qui n’avait pu surenchérir. Le jeune forgeron avait déjà proposé tout ce qu’il avait, et il n’aurait sans doute pas osé continuer s’il l’avait pu pour ne pas contrarier le grand Jamie Waring, le grand Capitaine, le supérieur de son ami Jack. Le jeune homme baissa la tête. Il savait que Samantha serait déçue et triste. Il s’était rendu compte à quel point le service qu’elle lui demandait était important pour elle. Au même moment, Jamie repoussa Roseta à quelques centimètres de lui sans la lâcher, la retenant à présent de ses mains posées sur ses bras. Il la contempla quelques instants et lui offrit un sourire jubilatoire aussi inquiétant qu’irrésistible. L’on disait à Tortuga que le Capitaine Waring souriait souvent mais qu’il avait mille manières de le faire. Il obligea ensuite Roseta à se tourner vers ses hommes pour que tous puissent bien la voir à nouveau.
- Mes amis, je vous présente Mrs Waring ! Ma femme !
Un tonnerre d’applaudissements se fit entendre, à la hauteur de l’événement : le Capitaine Waring venait de se marier ! Le chahut se fit plus grand encore lorsque Jamie fit légèrement basculer Roseta pour l’embrasser de force. Un baiser exigeant, brutal et passionné. La jeune femme sentit une nouvelle fois les larmes monter à ses yeux, partagée entre une attirance et une répulsion pour cet homme, sa résignation mais sa loyauté envers Enrique.
- Souriez ! ordonna Jamie à son oreille une fois le baiser terminé.
Elle obéit, mais seul un pauvre sourire triste parvint à se dessiner sur ses lèvres endolories.
- Elle n’a pas l’air heureuse ! cria quelqu’un.
- Mais elle le sera demain matin ! rétorqua Jamie.
Il prit ses lèvres une deuxième fois. Les pirates riaient aux éclats devant le spectacle de Roseta faisant de petits mouvements timides pour tenter de se dégager, ses tortillements vains. Enfin, il la laissa pour recevoir les félicitations de ses hommes qui passaient sur le pont pour le rejoindre. Jamie remarqua l’air dépité de Turner qui ne bougeait pas. C’était lui qui avait manqué emporter Roseta et cela échappait au Capitaine. Il n’avait encore jamais vu ou entendu dire que Turner assistait aux ventes. Le jeune forgeron, quant à lui, se mit à chercher Jack du regard, mais celui-ci se dirigeait à son tour vers Jamie pour le féliciter. Sans doute était-il préférable de faire de même. Turner oublia Roseta qu’il avait d’ailleurs à peine regardée et suivit ses compagnons. Tous se bousculaient autour du nouvel époux au risque de faire tomber Roseta. Jouant de son autorité charismatique, Jamie parvint à retrouver un espace autour de lui. Il saisit à nouveau Roseta par le bras pour la serrer encore une fois contre lui mais de manière à ce que son visage soit face aux hommes, qu’ils la voient. Il était derrière elle, la mettant en avant.
- Allez tous boire à notre santé ! cria-t-il. A votre Capitaine…
La taille de Roseta était fine, un seul bras suffisait à la retenir avec fermeté. De sa main libre, Jamie commençait à envelopper ses formes à la grande honte de la jeune femme.
- … à sa jolie femme…
Il plaqua sa main sur son ventre.
- … et aux futurs enfants Waring ! Maintenant, pardonnez-moi de ne pas venir boire avec vous mais… une autre affaire m’attend !
Tous se dispersèrent tandis que l’homme qui avait surveillé les prisonnières toute la journée négociait avec le commissaire-priseur la dernière, celle qui était attachée derrière Roseta et dont nul ne s’était préoccupée.

La maison de Jamie était sans conteste la plus belle de Tortuga. Roseta se surprit même à la trouver jolie et même bien arrangée lorsqu’elle en découvrit l’intérieur. Elle se détendait à présent dans un baquet d’eau chaude, une servante près d’elle. Elle devait reconnaître que le comportement de Jamie la déconcertait. Il lui avait fait quitter la place du marché comme sa prise de guerre après l’avoir exhibée devant ses hommes et il semblait jouer maintenant au mari galant. Il l’avait fait monter dans une carriole préparée tout exprès pour elle, pour qu’elle n’ait pas à marcher jusqu’à la maison. Il s’était conduit très dignement et n’avait pas prononcé un mot jusqu’au moment de descendre. « Madame Waring, voici votre demeure » furent ses paroles. C’était la deuxième fois depuis la vente qu’il la vouvoyait, il ne l’avait encore jamais fait. Roseta venait de le remarquer. Sa surprise fut plus grande encore lorsqu’il l’a fit basculer dans ses bras, non pour l’embrasser à nouveau de force comme elle le craignit d’abord, mais pour lui faire passer le seuil de la maison. Elle comprit à son visage soudain grave qu’il ne se moquait pas et qu’il semblait prendre ce singulier mariage au sérieux et qu’il ne s’était pas tout simplement procuré une compagne. Il lui avait ensuite donnée une servante et permis de prendre un bain.

Couchée dans un lit douillé, Roseta massait sa taille endolorie. La corde avait appuyé sur les baleines de son corset pendant des heures. La chambre que la servante lui avait donnée était jolie et bien décorée. Jamie semblait avoir disparu, elle crut qu’il avait décidé de la laisser tranquille. Pendant quelques instants, elle eut l’espoir d’un faux mariage qui n’aurait été destiné qu’à la soustraire aux autres hommes. Du moins voulut-elle s’en persuader. Elle se reprocha sa naïveté en voyant Jamie pénétrer dans la chambre, les yeux brûlants de désir, prêts à la transpercer de leur morsure. Elle se recroquevilla instinctivement à l’autre bout du lit comme il se penchait vers elle.
- Allons, n’ayez pas peur ! Ce n’est pas nouveau pour vous !
- Mais ce n’est pas à vous qu’il revient de… répondit la jeune femme d’une voix tremblante.
- Bien sûr que si ! Vous êtes ma femme ! Vous êtes Mrs Jamie Waring. Ou Mrs James Waring si vous trouvez “James” plus élégant que « Jamie ».
- Vous vous trompez, Monsieur, je suis la Señora Enrique Monastorio.
Jamie était venu dans la chambre de sa nouvelle épouse avec l’intention d’être calme et patient avec elle, mais ses bonnes résolutions s’évanouirent comme neige au soleil devant sa réticence.
- Eh bien plus maintenant ! Vous êtes ma femme et je prétends dire que je vous aime ! Voulez-vous une preuve ? Je pouvais vous avoir gratuitement, vous étiez ma part de Capitaine ! Eh bien non, j’ai payé pour vous ! Vous m’avez coûtée 50 pièces d’or et j’entends en avoir pour mon argent !
Roseta était devenue blême. La voix de Jamie se faisait soudain menaçante, ses yeux, terribles. En un tour de main, il fut torse nu et se pressa contre elle, plaquée sur le lit. Il cherchait ses lèvres mais Roseta détournait la tête dans un sanglot de désespoir.



Jamie fronçait les sourcils, il pestait entre ses dents aussi crut-elle qu’il allait la frapper aussi leva-t-elle ses bras pour protéger son visage, bien que cela n’ait nullement empêché le violent revers de l’atteindre lorsqu’ils étaient sur le Black Swan. Elle avait bien deviné l’intention de Jamie qui lui montrait le revers de sa main, mais il suspendit son geste. Une idée diabolique venait de germer en lui.
- Ma colombe, je pourrais vous prendre de force mais je ne vais pas le faire. Lorsque vous êtes devenue ma part de Capitaine, j’ai juré que vous me supplieriez ! Voilà ce soir la deuxième fois que vous me résistez. Vous me supplierez de vous porter sur ma couche la troisième fois !
Sur ces paroles énigmatiques quant aux moyens employés si ce n’était la force, Jamie quitta la chambre en souhaitant à Roseta un ironique « Bonne nuit, Mrs Waring ! »
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Jeu 3 Aoû - 14:26

C'est une histoire merveilleuse tu sait Very Happy I love you cheers sunny flower queen J'adore Very Happy Razz cheers I love you sunny flower
queen Vive Roseta la reine des histoires queen
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Jeu 3 Aoû - 15:18

La voilà bien mal partie, pauvre Rosetta...

Elle ne sait pas ce que lui réserve le Capitaine Waring.^^

Vivement la suite.

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Jeu 3 Aoû - 21:50

Merci ! Et voici la suite !! cheers



XIX « Au Maquereau de la Mer d’Irlande »


D’abord soulagée par le départ Jamie, Roseta regrettait à présent son erreur avec le sentiment de n’avoir fait que retarder l’inéluctable tout en aggravant son sort une fois de plus. Elle fut tenter de partir à sa recherche ou de le faire appeler pour lui dire qu’elle regrettait sa conduite, qu’elle acceptait d’être sa femme, mais n’en trouva pas le courage non plus. Quels en seraient les motifs ? Se donnerait-elle pour éviter quelque chose de pire comme il l’avait sous-entendu ? Se donnerait-elle parce que Jamie lui faisait quelque effet ? La honte la submergeait. Et Enrique ! Si jamais Enrique venait la délivrer dans la nuit ou le lendemain, jamais il ne lui pardonnerait d’avoir cédé si vite et elle savait qu’elle ne pourrait le lui cacher longtemps. Elle était convaincue qu’il est des choses que l’on voit sans les dire et que cela en faisait partie. Il ne lui restait donc plus qu’à attendre. Attendre une fois de plus, et prier.

Au matin, la servante vint préparer Roseta. Elle l’aida à mettre la robe qu’elle portait déjà à son arrivée, celle que Jamie lui avait ordonnée de mettre sur le Black Swan, bel et bien cette même robe couleur vert d’eau un petit peu trop grande pour la jeune femme. Ainsi vêtue comme elle l’était pour la vente aux enchères, mais point attachée cette fois, Roseta fut conduite dans un petit salon qui donnait sur une paisible cour intérieure. Rien ne venait rappeler qu’elle se trouvait dans la demeure d’un Capitaine pirate. Rien, si ce n’est la présence de Jamie qui entra dans la pièce peu après.
- Bonjour, ma chère épouse. J’espère que vous avez bien dormi ! salua-t-il, un curieux sourire aux lèvres.
Avant que Roseta puisse répondre, un autre homme entra dans la pièce. Le cœur de la jeune femme manqua un battement. Que lui voulait-il, que faisait-il là ? De cet instant, Jamie prit le parti de l’ignorer et ne s’adressa plus qu’à l’homme, un homme au charme certain qui avait assorti les rayures de ses habits au bleu de ses yeux inquisiteurs.
- Farrell, je te présente mon épouse, Mrs Roseta Waring. Je te charge de lui trouver du travail.
Roseta se souvint alors pourquoi ce nom de « Farrell » lui semblait connu. A son arrivée à Tortuga, sur les quais, elle avait vu l’enseigne d’une taverne, une taverne du nom de « Chez Farrell, Au Maquereau de la Mer d’Irlande ». Dans un bruissement de tissu, elle glissa lentement au sol, inconsciente.



L’évanouissement de la jeune femme déclencha l’hilarité de Farrell.
- Délicate ! Et on dirait qu’elle me connaît !
- Encore une mise au point, avertit Jamie, je préfère répéter ce que je t’ai dit tout à l’heure en privé. Je ne la répudie pas, je veux seulement lui donner une leçon. Tu ne la touches pas et bien entendu je me réserve le droit de la reprendre quand je le voudrai.
- Et… mes clients ? Tu vas leur dire quoi ? Que c’est ta femme et qu’elle est juste dans mon établissement pour faire joli avec le décor ?
- Ne t’occupes pas de ça, je m’en charge moi-même. Qu’elle ait peur, c’est tout ce que je demande.
Farrell emporta Roseta toujours évanouie, tel un paquet de linge sale sur son épaule.

Des bruits de pas précipités, des talons claquant sur un plancher, des cris… Roseta reprenait conscience dans une chambre qu’elle ne connaissait pas, une chambre décorée de gravures licencieuses et, de manière très romantique, d’un crâne orné d’un chapeau de pirate et entouré de sabres comme les tibias du pavillon noir en haut des navires, cloué sur une planche de bois accrochée en face du lit.



- Mr Farrell ! entendit-elle crier, Mr Farrell !! La nouvelle se réveille !!!
A nouveau des bruits de pas. En voyant surgir le tenancier des lieux accompagné d’une fille au décolleté plongeant, Roseta se souvint de la scène dans le petit salon de Jamie. Un coup d’œil à la chambre lui suffit pour comprendre. Elle avait atteint le fond.
- Tu es réveillée, parfait ! Alors ici il n’y a pas Jamie, c’est moi le patron ! Tu vas servir les clients et tu as tout intérêt à être souriante, sinon…
Farrell accompagna sa menace d’un froncement de sourcils puis tourna les talons avec la fille. Roseta avait eu peur de lui en le voyant chez Jamie. Elle savait maintenant qu’il était pire que lui. Paralysée sur le lit, elle resta sur ses gardes de peur qu’il revienne avant de s’effondrer en pleurs sur l’oreiller.

Le soir venu, Roseta fut contrainte de descendre dans la grande salle de la taverne. Des rires et des chants d’ivrognes lui parvenaient déjà jusqu’à l’étage. La fille qui avait accompagné Farrell était revenue, elle lui avait fait mettre une robe identique à la sienne, bien trop indécente pour la pudique Roseta. Le corsage à lacets ne semblait pas bien tenir, d’autant plus que la jeune femme avait une poitrine des plus menues. Son visage était blême lorsqu’elle fit son apparition dans la salle enfumée. La fille lui mit un plateau de bois dans les mains.
- Sert-leur du rhum chaque fois qu’ils en réclament !
Éteinte, Roseta obéit docilement tout en ayant l’impression que cela s’adressait à une autre qu’elle. Il ne pouvait s’agir de Roseta Monastorio, née Rosetta Ludvika avec le titre de Comtesse von Fersen. C’était une autre. Elle était morte dès l’instant où Brom lui avait été présentée. En quatre nuits, elle avait effectué sa descente aux enfers. Elle voulut d’abord détourner son regard chaque fois qu’elle voyait une fille rire aux éclats sur les genoux d’un pirate mais elle dut y renoncer, cela ne servirait à rien, tout était indécent en ce lieu. Elle ne remarqua pas la présence de Jamie, installé à une table près d’un pilier, au fond de la salle. Il savait que de cette place il pouvait la voir sans être vu pourvu qu’il n’appelle pas pour avoir à boire. Il était là, bien décidé à s’assurer que l’on n’obligerait pas Roseta à faire autre chose que servir du rhum. Il ne voulait que lui faire peur. Il l’aimait…
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Ven 4 Aoû - 11:32

j'adore I love you cheers Le capitaine waring commence à me paraitre bien Very Happy Razz
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