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 "Dead Men Tell no Tales" [POTC]

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Rosetta Norrington
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MessageSujet: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 4 Juil - 0:05

Pour Sammy Wink



DEAD MEN TELL NO TALES

Part I






D’après :

- l’attraction de Disneyland Pirates of the Caribbean

- la série de Walt Disney Zorro pour le personnage de Enrique Monastorio

- le film de Gore Verbinski POTC pour les personnages du Commodore Norrington, Jack Sparrow et Will Turner

- le film de Tim Burton Sleepy Hollow pour le personage de Brom van Brunt

- le film de Henry King Le Cygne Noir pour les personnages de Jamie Waring et l’infâme Billy Leech

- et avec SAMMY dans le rôle de Samantha Sparrow !


Avec, par ordre d’apparition :

- le Commandant Enrique Monastorio ----- Britt Lomond

- le Comte Axel Ludvig von Fersen ----- lui-même

- Roseta Monastorio ----- elle-même

- Le Commodore James Norrington ----- Jack Davenport

- Brom van Brunt ----- Casper van Dien

- le Capitaine Jack Sparrow ----- Johnny Depp

- le Capitaine Jamie Waring ----- Tyrone Power

- Samantha Sparrow ----- Sammy

- Will Turner ----- Orlando Bloom

- Farrell ----- Glenn Ford

- Billy Leech ----- George Sanders

- Manolo ----- Anthony Quinn


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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 4 Juil - 0:08

I Le Reina Isabel en mer des Caraïbes




La plume crissait sur le papier, laissant derrière elle une traînée d’encre noire et brillante. Le Capitaine Alvarez rédigeait son journal de bord tout en pestant contre les remous de cette nuit d’orage, au coeur de l’Atlantique nord. Au fil des pages un peu cornées, tous les événements survenus à bord du vaisseau Reina Isabel avaient été rapportés de la sorte. Ainsi, il était écrit :

Journal de bord du Capitaine, 27 janvier 1818
Reina Isabel a quitté le port de Cadiz, Espagne, en ce jour de l’an de Grâce du 27 janvier 1818, en route pour Vera Cruz, Nouvelle-Espagne, par la route habituelle, avec à son bord, etc…

A mesure que les jours passaient, le Journal faisait état de tout évènement survenu à bord, de la naissance de deux enfants jusqu’au décès de l’un des passagers dont on jeta le corps à la mer après une brève cérémonie. A plusieurs reprises, le Journal mentionnait que « la Señora Monastorio, épouse d’officier, sujette au mal de mer » avait encore dû rester alitée. Pendant longtemps, « Les vents nous sont favorables » apparaissait chaque jour sous la plume du Capitaine Alvarez.

La plupart des voyageurs se rendaient à Monterey en Nouvelle-Espagne, plus précisément en terre de Californie. Pour ce faire, un bateau devait prendre la route des îles Canaries avec ces passages étroits, ses courants rapides et dangereux, traverser l’océan jusqu’à la côte sud-américaine, passer le terrible Cap Horn, contourner la Terre de Feu aux dernières limites des terres colonisées et remonter jusqu’en Californie. L’on suivait ainsi les côtes de l’Empire de Sa Majesté le Roi d’Espagne. Une autre route navigable était empruntée, suivie par le Reina Isabel : voguer droit devant et entrer en mer des Caraïbes pour faire escale à Porto Rico puis à Cuba afin de se réapprovisionner et poursuivre le voyage car le périple, en effet, était loin d’être terminé. Les passagers débarqueraient à Vera Cruz au Mexique puis mettraient leurs malles dans des diligences, traverseraient le Mexique par les terres et enfin prendraient un autre bateau pour rejoindre, par l’océan Pacifique, Monterey en Californie. Certains passagers étaient déjà descendus à Porto Rico tandis que d’autres s’arrêteraient à Cuba.



Le Reina Isabel avait laissé Porto Rico derrière lui depuis longtemps. Le temps changea à l’approche de l’île de la Jamaïque. « Un bon coup de tabac » certes, mais surtout une nuit d’orage, des flots démontés où la mer, dans la nuit, devint violette sous des reflets noirs, sous les rayons de lune argentée. Le Reina Isabel tanguait en tout sens et le fier vaisseau semblait à présent une coquille de noix aux mains des éléments. Des cris tirèrent le Capitaine Alvarez de sa cabine que, par ailleurs, son second venait chercher. Sur le pont, l’équipage avait fort à faire, il ne suffisait plus d’arrimer les voiles. Le mas de hune avait été touché et les services du charpentier étaient requis. Dans une collection de jurons choisis, le Capitaine alla constater les dégâts après avoir intimer l’ordre à quelques messieurs parmi les passagers de retourner dans leurs cabines auprès de leurs familles. La nuit passa ainsi, à lutter contre les éléments déchaînés en attendant que le calme revienne…

Le jour se leva sur un soleil radieux. Seul le mas de hune portait les stigmates de l’orage passé. Les côtes de l’île de la Jamaïque n’étaient plus qu’à quelques nœuds à peine. Sur le pont, le Commandant Enrique Sanchez Monastorio regardait dans leur direction non sans méfiance. Très grand, svelte, le jeune officier était très bien de sa personne. Il savait, par ailleurs, que l’on était rarement indifférent à sa prestance, au charme de son regard bleu océan. Des yeux pénétrants et hypnotiques mais ce dont il était le plus fier restait sa barbiche noire qu’il taillait chaque matin avec soin. Et plus que tout, son maintien tout militaire achevait de le rendre charismatique. Il était, enfin, imposant d’autorité naturelle. Le Roi Fernando VII venait de le nommer Commandant de la garnison d’un petit village située en Nouvelle-Espagne, plus précisément en Californie, non loin des terres que l’on nommait Mexique : Nuestra Señora la Reina de los Angeles, plus communément appelé el pueblo de Los Angeles. Enrique se doutait qu’il ne trouverait pas là la fine fleur de l’armée espagnole mais il savait également qu’être officier dans les colonies était le moyen le plus rapide d’obtenir de l’avancement lorsque le Ciel ne pourvoit point à un titre de noblesse. Le dédain affiché à son égard par les Grands à la Cour de Madrid avait rendu Enrique extrêmement ambitieux, aussi n’avait-il pas hésité un seul instant à embarquer pour la Nouvelle-Espagne avec sa jeune épouse, Roseta.

Née Comtesse Rosetta Ludvika von Fersen, la Señora Roseta Luisa Monastorio n’avait eu de cesse d’être souffrante depuis que le Reina Isabel avait quitté le port de Cadiz. Un mal de mer chronique qui l’obligeait régulièrement à se coucher en attendant que le médecin du bord la soulage un peu. Elle avait redouté ce si long voyage dès l’instant où son mari lui avait annoncée son avancement. Ce n’était pas la première fois que la jeune femme prenait la mer et les souvenirs qu’elle avait des traversées n’étaient guère plaisants. Aristocrate suédoise, Roseta avait traversé la Baltique plusieurs fois. Elle savait que ce n’était rien comparé à l’Atlantique ! En revanche, son frère jumeau se portait à merveille. Axel Ludvig avait le pied marin et arpentait le pont comme un vieux loup de mer. Ces jumeaux inséparables étaient tout à la fois semblables et l’opposé l’un de l’autre. Axel Ludvig était né grand et fort, sa sœur, petite et chétive si bien que pendant plusieurs jours on avait craint pour sa vie. Comme s’il se reprochait inconsciemment d’avoir pris la plus grande place et une grande partie des nutriments dans le ventre de leur mère, le jeune homme avait toujours mis un point d’honneur à protéger sa sœur depuis leur plus tendre enfance. Il l’appelait tendrement sa petite sœur bien qu’elle soit née peu après lui. A la grande contrariété de Enrique, « le beau-frère » qu’il jugeait « envahissant » les accompagnait mais il n’en avait rien dit tant Roseta était heureuse qu’il soit là.

Axel Ludvig vint justement rejoindre Enrique sur le pont, le coupant de sa contemplation…


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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mer 5 Juil - 2:02

II Frère et époux



Un sourire au coin des lèvres, le jeune Comte suédois s’approcha de son beau-frère espagnol. Depuis sa plus tendre enfance, le jeune homme avait un regard pétillant qui pouvait le faire passer pour moqueur auprès de ceux qui ne le connaissaient pas – bien qu’il le fût aussi un peu mais jamais par malice. Ce trait de caractère venait, disait-on, de son grand-père maternel, le Comte de La Gardie, gentilhomme suédois d’origine française dont les ancêtres avaient quitté la Gascogne au XVIème siècle parce qu’ils avaient embrassé la Réforme et qu’être huguenots signait leur arrêt de mort. Les La Gardie s’étaient installés au Danemark mais, dans la première moitié du XVIIème siècle, l’un des descendants, Magnus de La Gardie, fut fait prisonnier par les suédois lors d’une bataille. Cependant, il ne tarda guère à obtenir l’amitié de la Reine Kristina et ce fut ainsi que les La Gardie devinrent l’une des familles les plus importantes de l’aristocratie suédoise dont l’apothéose fut l’union, en 1752, de l’une de leurs filles avec l’un des fils de la famille Fersen, plus prestigieuse encore, dont les jumeaux furent les petits-enfants. Désormais, tous les Fersen naissaient avec les yeux noirs des La Gardie et le regard pétillant fut transmis au Comte Fabian Reinhold, oncle d’Axel Ludvig et Roseta Monastorio, et à Axel Ludvig lui-même.



Le jeune homme toussota légèrement pour ne pas faire sursauter Enrique qui pouvait se montrer des plus stoïques tout en ayant été doté par la nature d’une nerveuse impulsivité. Il ne se retourna pas mais fit comprendre à son beau-frère qu’il l’avait entendu.
- Oui ? Venez-vous me donner des nouvelles de ma femme ou bien seulement me tenir compagnie ?



Il y avait une pointe d’ironie dans la voix du Commandant. Il était plus embarrassé que content de la présence de ce beau-frère qui ne quittait pas sa sœur d’une semelle. Il avait hâte d’arriver à Los Angeles car il avait l’espoir de l’éloigner en lui faisant donner une charge par le gouverneur, à Monterey. Roseta se ferait à l’absence de son jumeau et lui finirait peut-être par se marier.
- Un peu des deux, cher Commandant, répondit Axel, sourire aux lèvres.
Le Comte n’ignorait pas que sa présence agaçait Enrique par moment, mais il ne pouvait se résoudre à laisser partir sa sœur adorée en Nouvelle Espagne, si loin de lui. Il lui était nécessaire que tous deux soient en Californie, qu’ils puissent se voir sans qu’un océan les sépare.
- Tout d’abord, je vous annonce que Roseta se porte bien. Le terrible mal de mer de la nuit dernière est passé.
Enrique hocha la tête en apprenant que sa femme allait mieux.
- J’ai aussi une nouvelle à vous annoncer : le bateau va faire escale en Jamaïque, reprit Axel, attirant cette fois l’intervention d’Enrique.
- En Jamaïque ?! Mais c’est absurde, pourquoi nous réapprovisionner en terre anglaise alors que nous pouvons rejoindre Cuba ?
- Parce que cette nuit le mas de hune a été endommagé. Le charpentier de bord l’a réparé de son mieux mais il a peur que cela ne soit pas suffisant pour aller jusqu’à Cuba. Nous devrions être content, c’est une chance que nous ne soyons pas loin de l’île de la Jamaïque ! Si nous avions déjà quitté Cuba…
- Baaaaaaaaah !

Enrique se retourna. Jusqu’à présent, il avait parlé sans regarder Axel. Ce dernier remarqua immédiatement que son visage habituellement grave et sévère était maintenant le reflet d’une inquiétude qu’il tentait cependant de dissimuler.
- Quelque chose vous ennuie ? Je sais bien que la Jamaïque n’appartient plus à la Couronne espagnole depuis 1655, mais je ne vois pas en quoi faire escale en Jamaïque peut être un souci. Vous savez bien qu’en nous unissant contre Napoléon nous sommes devenus les alliés des anglais !
Le discours un peu pompeux d’Axel finit de contrarier Enrique. Qu’avait-il à faire de son historique savant ? Il devait s’estimer heureux que Roseta n’ait pas été prise de la manie de l’étude de son frère – car cela aurait pu, on rencontre parfois de ces femmes savantes dans les Cours et rien n’agaçait plus Enrique que ce genre de choses.
- Je ne vous parle pas des Anglais, je vous parle des pirates ! s’écria soudain Enrique bien qu’il n’ait encore fait aucune allusion à ces derniers.
- Les pirates ?
- Oui, les pirates ! On dit qu’ils ont un repère, l’île de Tortuga, que personne n’a encore jamais trouvé alors que toutes les autorités qui se sont succédées en Jamaïque les ont traqués et ce depuis le temps où l’île s’appelait Hispaniola et appartenait à Madrid ! Nombre de gens qui ont vécu au Nouveau Monde sont revenus pour conter tout cela ! Nous en avons entendu à la Cour !
- D’après ce que j’ai lu à la bibliothèque royale, les pirates étaient des Anglais, ils pillaient au nom de leur Roi et l’aidaient à faire de l’île une colonie britannique en en chassant les Espagnols. C’est « Les pirates en mer des Caraïbes » : l’avez-vous lu ?
- Non, je ne l’ai pas lu ! Et puis pas « étaient », ils sont toujours là vous dis-je. Ils ont continué leurs ravages après le départ des Espagnols parce que ce sont de dangereux malfaiteurs et que l’appât du gain les pousse à continuer leurs ravages et cette fois dans l’anarchie. D’ailleurs je crois que vous confondez « pirates » et « corsaires », cher Axel. Seuls les corsaires sont au service du Roi, mais pour ma part je les enverrai aussi au fond car on ne compte plus les galions que les corsaires nous ont coulés par le passé. Je n’ai pas peur d’eux mais je crains pour la sécurité de ma femme… votre sœur.
- Mais en Californie il y a des Indiens et pourtant vous avez accepté ce commandement et vous y emmenez ma sœur… votre femme.
- Baaaaaaaah ! Les Indiens de Californie sont employés dans les missions des franciscains !

Sentant monter le ton entre eux, Axel rendit les armes le premier. Il devait bien reconnaître prendre un malin plaisir à taquiner le Commandant Monastorio car il était facile de le contrarier.
- Enfin, le Capitaine Alvarez a décidé, nous n’y pouvons rien ! Espérons que cette escale soit aussi brève que possible !
A mesure que les deux hommes parlaient, le Reina Isabel approchait des côtes de Jamaïque. Enrique et Axel quittèrent le pont pour se rendre dans la cabine occupée par les époux Monastorio. Une jeune femme était allongée sur le lit. C’était Roseta. Elle sourit en voyant son frère et son époux à son chevet. Ses longs cheveux bruns étaient défaits ce qui accentuait la pâleur de son teint. Le voyage était éprouvant pour elle et le mal de mer l’affaiblissait. Elle tendit l’une de ses mains bordées de la dentelle de sa chemise de nuit. Enrique la prit et y déposa un baiser. Roseta sourit encore. Ses traits tirés par la fatigue s’épanouirent sous ce sourire radieux…


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spaceben
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mer 5 Juil - 12:21

J ADORE
T TROP DOUER POUR ECRIRE
Razz Razz Razz Razz Razz Razz Razz Razz Razz Razz Razz
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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mer 5 Juil - 14:49

Oooooooh... Embarassed Merciiiiiiii !!!!! cheers
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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Jeu 6 Juil - 1:51

III Port Royal, Jamaïque


Roseta affirmait se sentir mieux, et même bien mieux depuis quelques instants. Un coup d’œil donné à la petite fenêtre de la cabine donna à Enrique l’explication de ce mieux : le Reina Isabel était immobile. Certes, les flots continuaient de heurter sa coque et un léger mouvement l’animait encore, mais il n’avançait plus.
- Qu’est-ce que… ? Reuuuuuuh !!!!
Exaspéré par ce qu’il croyait un contretemps, Enrique se précipita sur le pont, laissant Axel auprès de la jeune femme.
- Je reconnais bien là l’impétuosité de votre époux, Roseta ! plaisanta le Comte.
Elle lui sourit. Elle savait que son frère appréciait Enrique et avait pour lui beaucoup d’estime. Un frère si aimant n’aurait pas confié sa sœur à moins de cela. Axel Ludvig n’était pas le fils aîné, c’était son frère Karl Axel qui était demeuré en Suède. C’était à Karl Axel, chef de la famille après le décès tragique de leur père, qu’il revenait de choisir l’époux de sa sœur mais, lorsque les jumeaux s’étaient installés en Espagne, le jeune homme avait délégué ce droit à son cadet. Axel Ludvig avait consenti à la demande d’Enrique sans l’ombre d’une hésitation bien que ce dernier ne soit ni aristocrate ni luthérien comme Roseta. La fille du Comte de Fersen devint donc roturière et catholique. Karl Axel ne s’y opposa pas lorsqu’il apprit la nouvelle du futur mariage. Il avait beaucoup d’affection pour sa petite sœur et désirait qu’elle soit heureuse – Axel Ludvig lui disait qu’elle aimait Enrique – après les années de deuil suite au décès de ses parents, ses années passées dans la solitude avec son jumeau à élever les plus jeunes de leurs frères et sœurs désormais orphelins et encore trop petits pour se passer de parents. Les aînés avaient déjà pris femme ou époux, seuls les jumeaux étaient à la fois célibataires et adultes pour élever les plus petits. Rosetta avait été fiancée déjà mais l’homme auquel son père la destinait avait été tué durant les guerres napoléoniennes.
- Il va demander pourquoi nous nous arrêtons, ajouta Axel.
Il s’amusait des mouvements d’humeur d’Enrique, adorant secrètement leurs joutes verbales. Roseta le savait et n’avait aucun doute sur l’affection qu’ils avaient tous l’un pour l’autre… même Enrique pour Axel.

Quelques minutes s’écoulèrent. Enrique revint enfin.
- Le Capitaine Alvarez a donné l’ordre de jeter l’ancre, nous attendons l’autorisation d’entrer dans le port.
Axel se chargea d’expliquer à sa sœur que le Reina Isabel devait faire escale sur l’île de la Jamaïque pour remettre le bateau en état. Il était persuadé que cet événement imprévu était une chance : Roseta pourrait marcher un peu à l’air libre. Enrique ne disait rien, toujours à ses pirates mais ne voulant point en parler pour ne pas effrayer son épouse.
- Mais Enrique, eh bien Enrique pense que nous allons être attaqués par des pirates ! s’exclama soudain Axel en éclatant de rire.
- Reuuuuuuuuuuuuuh !!!!!! répondit Enrique en plaquant une main sur son front en signe de découragement avant de quitter la cabine.
Axel se sentit un peu bête. Il avait dit cela pour taquiner son beau-frère mais avait maintenant devant lui une Roseta terrorisée.
- Des… des pirates ?!
- Ne vous en faites pas, ma chère sœur, reprit-il maladroitement, il n’y a plus de pirates, je plaisantais.
Guère rassurée, la jeune femme attendait la suite des événements avec inquiétude. Jusqu’à présent, l’idée de voyager au royaume de la piraterie ne l’avait pas effleurée.

Enfin, autorisation fut donné au Reina Isabel de mouiller en terre britannique. Par un heureux concours de circonstances, le bateau se trouvait devant Port Royal. Ainsi, les marins envoyés à terre en canots virent immédiatement porter leur requête au gouverneur de l’île plutôt que de s’adresser aux soldats d’une quelconque garnison portuaire. L’autorisation ne tarda pas une fois le gouverneur averti que se trouvait à bord un officier de l’armée du Roi d’Espagne qu’il ne voulait pas mécontenter. Il dépêcha sur le port les hommes nécessaires à l’accueil des passagers. Au retour des marins, le Reina Isabel leva l’ancre. Enrique vint prévenir son beau-frère qui le rejoignit sur le pont. A chaque minute, Port Royal était plus proche. Ses puissants rempares crénelés offraient un spectacle incomparable à mesure que, par ailleurs, le soleil déclinait, inondant de teintes orangées les pierres et les rochers contre lesquels la mer se jetait aux pieds des rempares.
- Allez chercher Roseta ! ordonna Enrique, fasciné.
La jeune femme quittait sa cabine pour la première fois depuis deux jours. L’air frais du début de soirée emplit ses poumons avec bienfaisance. Elle découvrit alors, émerveillée, la formidable fortification de Port Royal dans un triomphe de couleurs chaudes contrastant avec la froideur de la pierre nue.



Le Reina Isabel fut immédiatement pris en charge et conduit dans une petite crique où l’on pourrait effectuer les travaux nécessaires. Les provisions furent promises. L’équipage se dispersa dans les logements qu’on leur donna, de même que les passagers. Quant à Enrique, Roseta et Axel, le gouverneur avait dépêché sur place le Commodore Norrington pour les distinguer. C’était un homme de la trempe d‘Enrique, ce dont Roseta s’aperçut immédiatement lorsqu’elle leva sur lui des yeux timides. Il était aussi grand que son mari et son frère. Sa prestance, dans son uniforme d’officier de la Royal Navy, s’imposait d’elle-même. Il avait, enfin, un visage plaisant aux traits réguliers, agrémenté de beaux yeux bleus perçants mais, reconnut Roseta en son for intérieur, ses yeux n’avaient en revanche rien à envier à ceux d’Enrique. La jeune femme remarqua également, non sans rougir encore, que le Commodore avait un irrésistible air d’autorité et de sévérité malgré son sourire et ses manières agréables. Par bonheur, ni Axel ni Enrique ne remarquèrent son trouble, pas même le Commodore lui-même qui ne lui prêtait nulle attention. Il se présenta d’un magistral salut militaire sous le nom de Norrington, Lord James Norrington, Commodore de la Royal Navy.



Il avait reçu du gouverneur de l’île ordre de recevoir « le Señor Commandant Monastorio et son épouse, ainsi que le Comte Axel de Fersen » dans sa propre demeure, le gouverneur pensant faire au Commandant Monastorio un plus grand honneur en les installant, sa famille et lui, chez l’autorité militaire de l’île. Ils seraient cependant reçus dès le lendemain dans la maison du gouverneur pour y souper. Comme Enrique montrait son étonnement, le Commodore précisa qu’ils étaient ses invités pour deux nuits, le Reina Isabel ne pouvant reprendre la mer plus tôt…


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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Jeu 6 Juil - 15:50

J'adore tes histoires Very Happy Very Happy cheers cheers et comme spaceben la dit t'es vraiment doué.Vite la suite
et bravo flower cheers Very Happy
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Jeu 6 Juil - 16:57

Encore merci !!! flower La suite bientôt. Il y a 20 chapitres en tout, déjà écrit, et là je viens de terminer le chapitre 4 de la suite "D.M.T.N.T. Part II : Return to Port Royal". Wink
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Jeu 6 Juil - 17:06

ouah moi j'aime bien ces histoire !!! je prend du plaisir a les lire je m'en lasse pas lol.......
t'es trop doué pour ca!!!

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Ven 7 Juil - 1:13

Merci encore, Dada !! Embarassed


IV La promenade des rempares


Une matinée radieuse d’hiver tropical s’offrait à Roseta qui se tenait sur le balcon d’une magnifique chambre coloniale. Elle soupirait de bien-être à mesure qu’une brise légère lui parvenait, accompagnée de senteurs paradisiaques, de parfums envoûtants. Les oiseaux exotiques chantaient sur les plus hautes branches d’arbres au bois précieux, portant eux- mêmes en leur écorce les senteurs les plus exquises. Jamais la petite Comtesse suédoise n’avait vu pareilles splendeurs, pareilles merveilles. Son père, au contraire, dressait un portrait inhospitalier de ces contrées. Il avait participé, aux côtés du général Washington, à la guerre d’Indépendance de celles qui étaient alors les treize colonies d’Amérique du nord. Au retour, son bateau avait fait escale dans la mer des Caraïbes, à la Dominique, et le Comte n’avait que peu apprécié le séjour, ayant été gravement malade, pris de fièvres tropicales et de conjonctivite due à un trop fort ensoleillement. Sa fille, elle, se trouvait enchantée de tout ce qu’elle voyait, croyant avoir découvert l’Eden biblique. Elle ne songeait plus aux pirates dont avait parlé Axel la veille.

Enrique, Axel et elle avaient donc suivi le Commodore Norrington jusqu’à sa maison personnelle. C’était une immense demeure coloniale ornée de gracieux balcons, bien éloignée de l’austérité d’une garnison. Elle était exposée du meilleur côté qui soit, vue plongeante sur la mer d’un côté, sur un ravissant jardin exotique de l’autre, parsemé de fleurs rares. La maison n’était cependant point isolée mais au contraire protégée par un mur d’enceinte. Des ordres avaient été donnés pour que les invités soient très bien choyés. Enrique ne trouvait rien à redire sur l’accueil de leur hôte. De très beaux appartements étaient mis à leur disposition. Après un souper qui fut de l’avis de tous charmant, Roseta se retira dans sa chambre tandis que les messieurs achevaient la soirée dans la salle de billard entre brandy et cigares. Bien que les colons espagnols se soient repliés sur Cuba depuis un siècle et demi, il restait à Port Royal une population hispanique qui avait conduit le Commodore à s’instruire de cette langue latine tandis qu’Axel s’exprimait sans faute en anglais. Parlant deux langues différentes – Axel n’essaya point le suédois que personne ne comprenait sans être de ce pays, ni le français qui rappelait Napoléon – les trois hommes parvenaient à ce comprendre parfaitement. Le Commodore semblait même très amusé et montrait un visage plus affable. Puis, Enrique avait rejoint sa femme dans sa chambre.

A son réveil, Roseta était seule, Enrique était parti. C’était l’une de ses habitudes et la jeune femme devait s’en accommoder, se résigner à ce que son mari vienne la rejoindre pour ensuite s’en aller dormir dans sa propre chambre et non avec elle. Mais, bien qu’il manifestait rarement explicitement son affection, elle se savait aimée. Ce fut donc le cœur chantant qu’elle se rendit sur le balcon qui courait le long de sa chambre après sa toilette, son habillement, sa coiffure et son déjeuner. Elle portait une robe de couleur ivoire, du style que l’on nommait « Empire » encore trois ans auparavant en France et que l’on connaissait en Angleterre sous le nom de « Regency ». Sa chevelure sombre était disposée de deux manières : sur le devant, les cheveux étaient courts et bouclés de sorte que les boucles encadrent son visage, tandis qu’à l’arrière ils étaient longs et coiffés en chignon à l’antique.




Après le dîner de midi, Roseta demanda la permission de faire une promenade. Enrique désirant voir l’avancement des travaux sur le Reina Isabel – il voulait montrer au Commodore que ce n’est pas parce qu’il n’était pas dans la marine que les bateaux ne l’intéressaient pas ! – Axel fut choisi pour accompagner la jeune femme. En hôte bienveillant et courtois, le Commodore offrit de les guider personnellement. La promenade dans les jardins de la demeure de Norrington enchanta Roseta qui pouvait enfin voir de plus près les merveilles entrevues au cours de la matinée. Le frère et la sœur suivirent ensuite leur hôte sur les rempares surplombant la mer. Le Commodore était très fier des fortifications de Port Royal, tant pour leur valeur stratégique que pour la beauté du site. Une batterie de canons parfaitement alignés était comme autant de statues dans la nef de cette cathédrale maritime. Les fortifications de Port Royal étaient l’image de la puissance de cette ville forteresse néanmoins florissante également par sa culture et la beauté de son patrimoine civil. A mesure que les promeneurs passaient, les soldats en veste rouge saluaient le Commodore et ses invités. En contrebas, dans une petite crique, Enrique observait les marins et les charpentiers qui travaillaient sur le Reina Isabel.




Le Commodore ne s’était, jusque là entretenu, qu’avec Axel. Son attention se portait à présent sur sa sœur. Il avait été agréablement surpris en la voyant, au moment du dîner de midi. Elle avait perdu le teint cireux qu’elle avait la veille en raison de son mal de mer pour arborer maintenant un visage épanoui, illuminé de bonheur, un visage qui avait repris des couleurs en une nuit et une matinée. Il voyait alors combien elle était jolie, douce, gracieuse et délicate. Trop fragile sans doute pour vivre sous les tropiques ou bien encore en Californie où son époux l’emmenait et où l’on disait le climat rude, mais quelle jolie fleur que celle-ci ! Profitant d’un instant où Axel s’était arrêté pour contempler plus longuement la baie, le Commodore fit quelques pas de plus, docilement suivi par Roseta comme il le lui demandait discrètement à l’oreille. Poursuivant leur promenade, sans se pencher vers elle pour ne pas attirer l’attention, il murmura ces mots qu’il brûlait de lui dire depuis le début de la promenade : « Votre mari a beaucoup de chance, j’aurais aimé vous avoir connue avant lui pour vous épouser… » Roseta frissonna. Était-ce le vent qui lui avait portée ces paroles ? Non, le Commodore les avait prononcées dans un souffle tout en faisant mine de regarder devant lui. Elle sourit. Ses lèvres s’entrouvrirent sur un « Moi aussi… » doucement soupiré.

Un violent trouble s’empara de la jeune femme. Elle se surprit à envier celle qui serait un jour Lady James Norrington. Elle avait connu cela à la Cour auprès d’un Grand d’Espagne du nom de Don Juan de Vargas. C’était un séducteur impénitent venu en Espagne pour y achever ses études dans une académie militaire. Il était propriétaire terrien en Californie, de même que son meilleur ami Don Diego de la Vega. Le mariage de Roseta avait déçu le séducteur qui avait promis néanmoins de la rejoindre un jour en Californie puisque le destin donnait à son mari le commandement d’une contrée dans laquelle Don Juan avait son hacienda en Nouvelle-Espagne. Des pas derrière elle tirèrent Roseta de ses pensées qui agitaient son cœur dans sa poitrine. Elle fut heureuse de l’arriver de son frère qui la sauvait de l’embarras. Le soleil, quant à lui, excusait les joues empourprées de Roseta. Elle souhaita rentrer afin, dit-elle, de se préparer pour le souper donné le soir même en la maison du gouverneur en l’honneur de son mari…


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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Ven 7 Juil - 15:54

Encore une fois je te dit bravo bravo Very Happy Very Happy cheers flower
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Ven 7 Juil - 19:46

bon g crois que g peut dire ca au nom de tt le monde une autre, une autre, une autre ,.... Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Razz Razz Razz Razz
et surtout continut d'écrire c génial cheers cheers cheers cheers
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dada
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Ven 7 Juil - 20:09

lol toujours no comment lol!!

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Sam 8 Juil - 1:59

Merci à vous !!!!!!!!!! cheers



V L’armateur hollandais


L’attelage personnel du Commodore s’arrêta devant la demeure de Son Excellence le gouverneur de l’île de la Jamaïque. Seul le hennissement des chevaux vint, l’espace d’un court instant, troubler la quiétude de la nuit tropicale qui s’annonçait. En cette fin de soirée, fleurs et oiseaux, merveilles du jour, commençaient à s’assoupir. L’attelage immobilisé, les passagers en descendirent et se dirigèrent jusqu’à l’imposante et monumentale façade où résidait leur hôte de ce soir, le temps d’un souper.



La demeure du gouverneur était un bijou d’architecture coloniale. Elle avait plus d’attraits que son occupant, petit homme pompeux et ennuyeux que rien ne pouvait comparer favorablement au Commodore James Norrington, décida Roseta qui regrettait que cet homme si autoritaire, si sévère et si froid et donc charmant ne soit point convié à ce souper.

Les Monastorio et le Comte de Fersen n’étaient cependant pas les seuls invités du gouverneur. Un homme lui aussi d’allure agréable était l’invité personnel de Son Excellence depuis une semaine.
- Puis-je vous présenter, dit ce dernier, Monsieur Brom van Brunt, armateur hollandais, venu en Jamaïque pour affaires ?
Les politesses passées, le souper put commencer. Brom van Brunt avait un visage plaisant, des cheveux châtains que la flamme des bougies illuminait tout particulièrement dans un habile clair-obscur en contraste avec les tentures foncées des murs. Ses yeux étaient gris, ses lèvres, sensuelles. Un armateur de trente ans que le gouverneur combla d’éloges et dont il vanta les mérites.



Axel écoutait, vivement intéressé, mais Enrique était partagé entre l’agacement et un profond ennui. Il était contrarié de constater que c’était à son uniforme d’officier qu’il devait cette invitation, probablement pour que le gouverneur puisse voir de près un uniforme espagnol, tandis que le Commodore passait probablement une agréable soirée chez lui.

Très vite, Axel s’aperçut que Brom connaissait l’histoire de Port Royal sur le bout des doigts alors qu’il évoquait la semaine qui venait de passer. Comme le Comte lui en faisait la remarque, l’armateur rie doucement.
- Je n’ai aucun mérite, mon cher Comte ! Son Excellence a ici une merveilleuse bibliothèque constituée, à n’en point douter, de plus de volumes que l’île peut en compter – et je parle bien sûr des sujets de Sa Majesté, pas des indigènes.
Enrique soupira discrètement. Ce goût de l’étude n’était pas le sien, ce n’était ni action ni commandement et cet armateur lettré (« un intellectuel, baaaaaaah ! »), avec son ami le gouverneur qui semblait ne pas valoir mieux, continuait de lui faire regretter les parties de billard disputées la veille avec le Commodore.
- Eh bien si cela vous oblige, poursuivit Brom, je vais vous conter l’histoire de Port Royal !
En l’absence du gouverneur, Enrique aurait bien volontiers porté sa main à son front, l’un de ses gestes favoris, assortis d’un « Reuuuuuuuuuh » désolant. Il venait de rebaptiser Brom « Oncle Pipelette ». Comme prévu, de fastidieux détails dont l’intérêt restait limité apparurent. Le gouverneur et Axel buvaient littéralement ses paroles tandis que Enrique attendait le plat suivant et que Roseta s’ennuyait. Soudain, le ton monocorde qui n’allait pas du tout avec le beau visage du Hollandais s’anima subitement, transporté d’excitation lorsqu’il en vint à la piraterie. Il semblait un autre homme.
- … et alors, c’est ainsi que Port Royal devint la capitale de la piraterie ! C’était la ville la plus dépravée de la Chrétienté ! Les maisons de jeu et les bordels foisonnaient ! Le gouverneur lui-même était un pirate, il s’appelait Henry Morgan ! Mais un jour, une grande partie de la ville fut engloutie lors d’un tremblement de terre. On parla bien sûr de châtiment divin. Toujours est-il que la ville fut reconstruite pour y devenir la place forte que nous connaissons avec ses magnifiques fortifications. Saviez-vous que l’Amiral Nelson y a séjourné ?
Axel était fasciné au point d’en oublier de rappeler la présence de Roseta lorsque Brom évoqua maisons de jeu et bordels avec complaisance. Il regretta que l’histoire soit déjà finie.
- Et si vous nous contiez une histoire de pirates ? demanda Axel. Vous semblez aimer ce sujet. Pour ma part, j’en ai des frissons, c’est tellement amusant !
Brom allait commencer sans se faire prier :
- Alors très bien ! Cela s’appelle « Les pirates de Maracaïbo » et…
Le gouverneur fit une suggestion à son invité :
- Je ne pense pas que cette histoire convienne à une dame…
En un furtif instant, une lueur malsaine passa dans le regard de Brom sans que les autres la remarque. Une lueur malsaine qu’il avait déjà eue en début de soirée, lorsqu’il avait salué les autres convives.
- Si vous le permettez, je raconterai donc en censurant les passages qui ne conviendraient pas à une dame !
La permission fut donc donnée. Enrique ne pouvait pas envoyer Roseta se coucher, ils n’étaient pas chez eux ni chez leur hôte pour la nuit. Et puis, « Trêve de sensiblerie ! » avait coutume de dire Enrique. L’armateur commença donc son histoire, sur un ton qui différa considérablement de celui du début de soirée.
- Lorsqu’il fut élu gouverneur, Henry Morgan déclara qu’il n’y aurait plus de piraterie, que ses hommes deviendraient d’honnêtes sujets, qu’ils auraient un domaine, des terres. Mais une partie de ses anciens équipages refusa d’abandonner sa vie de pillages et d’aventure ! Ils continuèrent d’écumer les mers ! C’était les plus terribles des boucaniers ! Ils attaquaient les bateaux mais aussi les villes en profitant de la nuit ! Ils incendiaient, pillaient et tuaient quiconque s’oppoait à eux. Ils eurent d’abord pour refuge et antre de débauche l’île de Tortuga où nul ne pouvait les inquiéter mais bien vite ils trouvèrent un autre endroit pour que leur empire s’étende ! Ils choisirent la légendaire Maracaïbo qui, une fois pillée, devint aussi dépravée que Tortuga !
A cet instant, le regard de Brom se posa sur Roseta. Lentement, avec le dessein de lui faire peur, il dit :
- Il fallait distraire les pirates de Maracaïbo ! Ils revinrent dans les villes de Jamaïque enlever des femmes pour les vendre aux bordels de Maracaïbo !
Satisfait, il conclut :
- Voilà, ici prend fin mon histoire ! J’ai considérablement allégé !
Sagement assise en face de lui, Roseta était blême. Elle n’avait pas compris le mot « bordel » mais en revanche elle entendait parfaitement « pirates » et « enlever » et devinait donc que la suite n’était pas plaisante. Elle s’était inquiétée des pirates sur le Reina Isabel lorsque son frère les avait mentionnés mais n’y avait plus pensé par la suite tant la beauté sereine des lieux ne pouvait s’accorder de la menace des boucaniers. Comment un lieu si beau pouvait-il être attaqué ? Mais, à présent, elle était terrifiée…
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Sam 8 Juil - 15:58

j'ai adorée Very Happy bravo bravo et j'attends avec impatiente la suite cheers flower
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Dim 9 Juil - 0:14

Merciii ! Et voilà la suite ! cheers



VI Cendres et poudre sur les rempares de Port Royal


En sécurité dans son lit douillet, Roseta était paisiblement endormie. Elle avait soupiré de soulagement lorsque le souper du gouverneur avait pris fin, ayant hâte de quitter sa maison pour ne plus entendre les histoires effrayantes de Brom. Si seulement le gouverneur avait eu une épouse pour lui tenir compagnie ! Les deux femmes se seraient retirées dans un autre salon une fois le souper fini, mais il n’en avait pas été ainsi. Et puis… Axel avait demandé l’histoire de pirates au cours du repas ! La jeune femme ne comprenait pas cette insistance de son frère, la piraterie semblait le fasciner ! Quant à Enrique, il s’était borné à écouter d’une oreille distraite, lui qui pourtant, sur le Reina Isabel, avait montré de l’inquiétude à propos des boucaniers qui continuaient encore à semer la terreur sur les mers. L’attrait du récit, sans doute, l’illusion de n’entendre qu’un conte… La journée avait été si belle que rien de fâcheux ne pouvait arriver. Seule Roseta avait été terrifiée lorsque, le visage éclairait par endroit comme un faible halo d’une lueur de bougie vacillante, le visage de Brom se penchait vers elle tout en se délectant de ses mots. Par la suite, le retour à la maison du Commodore s’était fait dans le plus grand silence. Leur hôte était couché, leur dit-on, il les verrait au petit déjeuner pour leur souhaiter un bon voyage et les accompagner jusqu’au port où le Reina Isabel était prêt depuis quelques instants, il ne manquait plus que les provisions qui seraient porter à bord à l’aube. Axel et Enrique embrassèrent Roseta et chacun se retira dans ses appartements. La jeune femme avait repris quelques couleurs à la faveur de l’air léger du soir.

***
Fatiguée par les émotions qu’elle avait eues tout le long du jour, Roseta s’assoupit très vite. Elle commença par faire un premier rêve. Elle voyait son frère et son mari regarder le Commodore avec des yeux terribles. Axel disait « Tu as séduit ma sœur ?!? » et Enrique « Tu as séduit ma femme ?!? » et ensuite le provoquer en duel. Roseta dormait profondément. Peu à peu, un voile de brume prenait forme dans ses songes aux heures les plus sombres de la nuit, jusqu’à devenir dense et opaque. Puis, elle vint à se dissiper et s’évanouit doucement comme pour ouvrir sur le rêve de Roseta le rideau du théâtre de son imagination. La jeune femme était devant le bâtiment principal de l’arsenal de Port Royal. Le Commodore le lui avait montrée la veille au cours de leur promenade. Elle était seule, à présent. Incitée par une irrésistible attirance, elle poussa de ses petites mains la lourde porte qui s’ouvrit sans difficulté aucune et entra, timidement d’abord, dans le bâtiment. A sa grande surprise, il n’était pas gardé. Il faisait sombre, une odeur de poudre flottait dans l’air, entraînant avec elle… l’odeur de la mort… Tandis qu’elle cheminait dans l’arsenal, Roseta voyait que les portes étaient tordues, qu’une multitude de décombres jonchait le sol. L’arsenal avait sauté. Les pirates avaient dynamité toutes les réserves de poudre de Port Royal afin qu’aucune résistance ne leur soit opposée. Le couloir dans lequel Roseta se frayait un chemin était le seul à ne pas avoir été enseveli. « Mais où est donc Enrique, où ont donc Axel, où est donc le Commodore ? » se demanda-t-elle, perdue. Pourquoi était-elle seule ? Affolée, Roseta continua d’avancer, encore et toujours.

Le long et tortueux passage conduisit la jeune femme hors des murs d’enceinte. Un sentier descendait à présent vers la mer.



La nuit tropicale ne pouvait l’empêcher de frissonner. Tout ce qu’elle avait vu de jour semblait changer, elle ne savait où poser le pied. Elle continuait de descendre ce sentier, descendre encore, encore, il était interminable. Le long du mur bordant les rempares, des lanternes rougeoyantes scandaient ses pas, inquiétantes dans leur manière de percer la nuit de rouge orangé dans cette lueur qu’elles diffusaient toutes comme autant de torches prédisant la venue d’outre-tombe des âmes de la mer, de squelettes rendus à la vie pour une nuit seulement, une nuit de forte marée. Les petits bruits terrifiants de la nuit se mêlaient aux mouvements d’une légère brise venue s’entrelacer parmi la végétation. Roseta voulait s’échapper et ne surtout pas mettre les mains dans l’ombre des lanternes, dans cette végétation qui ne pouvait receler que des dangers. Enfin, le chemin prit fin après une dernière boucle : la mer était là ! A cet instant, une vive terreur s’empara de Roseta. Elle n’était plus telle une somnambule marchant à demi éveillée sans très bien comprendre où elle allait. En se retournant, elle vit les flammes ravager les hauts murs de Port Royal, des volutes de fumée sans fin s’élever dans le ciel, mêlées au crépitement du feu, au craquement des débris qui tombaient dans la mer autour d’elle dans des étincelles infernales. L’incendie consumait la ville, il fallait fuir !

Elle se souvenait, à présent : Enrique et Axel lui avaient dit de fuir jusqu’au rivage, de les attendre près des bateaux. Mais aucun d’eux ne vint. A leur place, des pirates firent leur apparition, ricanant devant la terreur de la jeune femme, ses gémissements, ses tentatives désespérées pour leur échapper. Il leur fut facile de s’emparer d’elle. Ils l’emmenèrent, la poussant devant eux pour la ramener dans la ville en flammes, lui faire voir le gouverneur que l’on s’apprêtait à jeter dans un puit, le Commodore qui se battait au milieu de ses soldats sur fond de maisons en feu. Puis, Roseta se vit dans une embarcation, prisonnière, tétanisée par la peur, incapable du moindre mouvement, n’osant même pleurer. Au loin, les murs de Port Royal achevaient lentement leur combustion. Les cendres portées par le vent ne laissaient voir qu’un seul édifice encore debout, la maison du Commodore. La jeune femme perdit connaissance…

***
Roseta s’éveilla brusquement, terrorisée. Il lui fallut quelques minutes pour se rendre compte qu’elle avait fait un terrible cauchemar mais qu’elle était toujours dans son lit.



Affreusement mal à l’aise, elle se leva, serrant contre elle les plis de sa longue chemise de nuit. Ouvrant les persiennes, elle se rendit sur le balcon humer l’air doux et léger de la nuit. Tout était paisible, Port Royal dormait dans la quiétude et la paix. Elle inspira à pleins poumons. Demain, le voyage à bord du Reina Isabel reprendrait. Elle sourit, ayant une tendre pensée pour son mari. Elle se sentait mieux, elle se remettait de son cauchemar. La nuit était belle, l’incendie ne provenait que des histoires contées par cet étrange armateur hollandais.

Tout à ses pensées rassurantes, Roseta n’entendit point les pas derrière elle. Une ombre avançait pourtant, l’ombre d’un homme qui s’était faufilé sous le balcon de la chambre au moment de la relève des gardes chargés de la sécurité de la demeure du Commodore. Il s’était penché sur sa victime endormie mais avait dû se cacher en la sentant agitée en raison de son cauchemar. Il croyait attendre qu’elle se rendorme mais non, elle était allée sur le balcon. Très vite, Roseta sentit qu’on la ceinturait et qu’on enfonçait un chiffon dans sa bouche pour étouffer tout hurlement. Une voix au fort accent néerlandais vint susurrer à son oreille « Comme le monde est petit, Comtesse de Fersen… »
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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Lun 10 Juil - 14:37

VII Un nom surgi du passé


Rosetta fut traînée jusqu’au milieu de la chambre et placée devant un miroir de sorte que son agresseur puisse la voir tout en maintenant son étreinte. Il faisait nuit mais, les persiennes ouvertes, la lune baignait de ses rayons d’argent la chambre qui n’était plus que plongée dans la pénombre. Elle le vit. Il s’agissait bien de cet armateur hollandais féru de piraterie, la voix ne l’avait pas trompée.



Brom se délectait du regard implorant de la jeune femme où se mêlait terreur et incompréhension. Comment aurait-elle pu comprendre ce qui lui arrivait ? Était-il lui-même pirate pour agir de la sorte ? Et… que lui voulait-il ? Toutes ses questions sans réponse pour le moment tourmentaient la jeune femme qui, dans un premier temps, ne songea pas à se débattre. Comme au début de son rêve, celui où Port Royal brûlait, elle était dans un demi somnambulisme, ne réalisant pas encore tout à fait dans quel danger elle se trouvait tout en ayant l’expression d’une profonde frayeur dans ses beaux yeux noisette. Ou bien, était-elle tétanisée comme lorsque les pirates l’avaient poussée dans leur embarcation ?

Elle sortit de sa léthargie en entendant choir sur le sol ce qu’elle perçut comme une lourde pièce d’étoffe, ne pouvant la voir dans le miroir. Brom, en effet, avait détaché de sa ceinture un grand sac de toile grossière. Il bouscula Roseta encore une fois pour la tourner dans la direction voulue. Satisfait, il la sentit frémir comme elle comprenait ce qu’il avait l’intention de faire.
- Entrez dans ce sac, dépêchez-vous !
La jeune femme tremblait comme une feuille, ses yeux se remplirent de larmes en songeant qu’Enrique et Axel n’étaient pas loin mais ne savaient rien de ce qui se passait dans cette chambre, qu’ils ne pouvaient venir l’aider parce qu’elle ne pouvait pas appeler. Si seulement elle pouvait échapper à Brom, courir jusqu’à la porte, sortir dans le corridor, cracher le chiffon qui la bâillonnait et crier ! Ses mains n’étaient pas attachées, elle pourrait ouvrir la poignée ! Avec l’énergie du désespoir, Roseta se mit à se tortiller dans les bras de Brom mais cela était peine perdue.
- Entrez dans le sac ! répéta-t-il.
Il ne criait pas, il continuait de susurrer. Il fallait que tout se passe discrètement. Brom sentit soudain que la jeune femme se calmait, elle ne gigotait plus, ayant pris conscience qu’elle n’avait guère le choix. Comme résignée. Il relâcha la pression qu’il exerçait sur elle. Alors, docilement, Roseta alla se placer dans le sac de marin, les larmes aux yeux. Elle attendait.

Brom était maintenant accroupie près d’elle. Il prenait plaisir à toute cette mise en scène quand il eut pu tout simplement la faire évanouir et l’emporter rapidement.
- C’est très bien, chère Comtesse ! J’ai préparé ce sac exprès pour vous emmener mais d’autres préparatifs sont nécessaires.
Il approuvait l’envie de prolonger son attente mais il devenait de plus en plus dangereux de s’attarder. En jetant un rapide coup d’œil à une petite pendule, il vit que bientôt les gardes changeraient de place, ce serait alors le moment de quitter la demeure du Commodore avec sa prisonnière. Le mystère sur les « préparatifs » fut donc rompu. Brom déplia une fine cordelette dissimulée dans sa jaquette.
- Tendez vos poignets…
Roseta obéit. Après avoir attaché ses mains, il lui fit cracher le chiffon qui l’étouffait pour le remplacer aussitôt, après l’avoir laissée tousser un peu, par une bande de tissu qu’il plaqua cette fois sur ses lèvres et noua à l’arrière de la tête. La jeune femme n’avait pas crié. Enfin, la nuit l’envahit. Brom venait de refermer le sac. Il le chargea sur son épaule et quitta la chambre par le balcon comme il était venu. Sa victime avait mal au cœur, ainsi suspendue. Elle sentit rudement le moment où son ravisseur mit pied à terre puis se sentit transbahutée de la manière la plus inconfortable. Un arrêt. Il attendait sans doute que les gardes passent. Il reprenait sa route. Un arrêt encore. Sans doute pour s’assurer qu’il pouvait continuer. Après quelques instants, Roseta sentit qu’il montait. Était-ce des escaliers ? Mais au cri de « Larguez les amarres ! » elle comprit qu’il l’emmenait sur un bateau. Elle était perdue !

La jeune femme ignorait depuis combien de temps était-elle allongée sur le lit de cette cabine, les poignets toujours liés, la bouche entravée, mais plusieurs heures s’étaient écoulées puisqu’elle voyait, par la minuscule lucarne, qu’il faisait grand jour. Elle était en mer, le bateau se balançait au grès des flots.



Elle sentit son mal de mer revenir. Elle fut reconnaissante à Brom lorsque celui-ci vint enfin la voir car les premières paroles de cet homme furent :
- Si vous êtes sage, je vous retire votre bâillon.
Roseta hocha la tête. Il sourit et s’exécuta tout de suite.
- Merci… murmura-t-elle dans un souffle, la voix enrouée.
- Bien, maintenant que vous êtes plus à votre aise, je crois qu’il est temps pour vous de savoir ce que vous faites là !
Il n’avait pas encore eu l’occasion de le lui dire. A leur arrivée sur le bateau, il l’avait laissée toute seule depuis le moment où il l’avait sortie du sac pour l’installer sur ce lit. Il avait des ordres à donner pour le voyage, était resté sur le pont à admirer Port Royal disparaissant peu à peu à l’horizon puis était resté à discuter avec le Capitaine.
- Comme vous le savez, je suis armateur. Ce bateau est l’un de ceux que je possède. Je devais rester encore jusqu’à demain mais en vous voyant au souper du gouverneur j’ai su que je devais partir cette nuit et vous emmener avec moi. Par chance, je ne devais pas prendre de passagers, il était donc facile de filer. Les marchandises ont été chargées hier soir sur mon ordre.
Roseta n’osait pas poser de questions. Elle ne comprenait pas, elle ne connaissait pas cet homme !
- Vous pensez que je ne vous connais pas, reprit-il, la faisant sursauter. Oui, je lis en vous comme dans un livre ouvert. Vous avez raison de vous poser cette question, vous devez penser que tout cela n’a aucun sens. Moi non plus, je ne vous connais pas. Mais je connais votre nom. Tout cela vient de votre mère.
Surprise, la jeune femme allait dire quelque chose mais il la fit taire en posant un doigt sur sa bouche.
- Non, ne dites rien ! Je veux que vous entendiez mon histoire ! …
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Lun 10 Juil - 15:43

bravo cheers a chaque chapitre c'est toujours aussi génial que le début
je te dis bravo bravo bravo des milliers de fois Very Happy cheers flower
et j'attends avec impatience la suite
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Mar 11 Juil - 2:29

Merciiiiiiiiii !!!!!! cheers cheers cheers cheers



VIII Rancunier et boucaniers


Brom tourna le dos à sa prisonnière et se dirigea vers le bureau qui ornait l’autre extrémité de sa cabine – car il s’agissait bien de la sienne.
- C’était en 1790… J’étais un petit garçon de deux ans. Tout ce que je vais dire m’a été conté par ma pauvre mère qui elle-même le tient des autorités suédoises qui lui ont annoncée notre malheur. Mon père, le Baron Gaston van Brunt, avait pour ami un aristocrate danois, le Comte Kristian von Gregorsen, le cousin de votre mère. Il l’a suivi jusqu’en Suède parce que Gregorsen voulait récupérer des terres dont avait hérité votre mère et qu’il estimait lui revenir. Jamais elle ne voulut les céder, prétendant que seul son époux, votre père, en avait la propriété. Or, celui-ci n’était pas en Suède à ce moment-là. Gregorsen entraîna mon père dans cette affaire. Ils capturèrent votre mère mais ils furent tués quand on vint la délivrer. Votre mère ne fut pas raisonnable, elle tarda à signer les documents qu’ils lui présentaient ! Si elle avait signé plus tôt, ils auraient échappé aux soldats ! Jusqu’au souper du gouverneur, je ne vous connaissais pas et je ne cherchais pas vengeance, mais quand j’ai entendu votre frère présenté sous le nom de Comte Axel Ludvig von Fersen… J’ai compris que derrière la Señora Monastorio il y avait Rosetta von Fersen, l’une des filles de la Comtesse !
Il fit une pause et se tourna pour considérer Roseta, horrifiée.
- Je ne sais pas encore ce que je vais faire de vous, reconnut-il, je sais que le départ précipité de mon bateau va me faire soupçonner et que je ne pourrais plus être en paix, mais… Je veux vous emmener sur la tombe de mon père ! Je veux que vous voyiez que, pour quelques terres que votre mère n’a pas voulu céder, un orphelin et une veuve ont souffert !

Sans un mot de plus, Brom quitta la cabine en claquant la porte, laissant la jeune femme effondrée sur le lit. Elle porta ses mains liées à son visage en pleurs. Comment osait-il accuser sa mère ? La jeune femme était bouleversée, découvrant tout en même temps que sa mère avait été malmenée par ces gens, menacée et Dieu sait quoi encore, et que le père de l’homme qui venait de l’enlever de sa chambre de Port Royal était le fils de l’un de ces hommes.
- Votre père était coupable, geignait Roseta sans que personne ne l’entende, il ne peut être plaint ! Ne commettez pas les mêmes erreurs que lui… Mère… Oh, mère… Ils s’en sont pris à vous et maintenant le fils s’en prend à moi… Nous n’avons rien fait de mal…

Pendant que Roseta était au tourment, une autre menace envers elle se profilait à l’horizon sous l’apparence d’un vaisseau fortement armé. Brom venait de rejoindre son Capitaine près du gouvernail. Sans explication, celui-ci lui tendit une longue-vue. Ce bateau lui semblait bizarre, il avait quelque chose d’étrange pour un vaisseau de guerre britannique. Il ne distinguait pas d’uniformes rouges sur le pont. Brom en vint à la même conclusion, mais ils étaient encore trop loin pour voir précisément l’allure des hommes qui s’activaient sur le pont.
- Je préférerai éviter ce bateau, Capitaine ! Quelque chose ne me plait pas.
Le Capitaine obtempéra. Il ordonna « A bâbord toute ! » alors que l’armateur continuait d’observer le vaisseau aux nombreux canons avec la longue-vue.
- Il nous prend en chasse… dit Brom.
La même manœuvre venait d’être effectuée. Les deux hommes comprirent qu’il y aurait un affrontement. Peu de temps après, une formidable explosion se fit entendre, un premier boulet de canon venait d’entrer en collision avec la coque. Dès lors, le bateau ne pouvait plus s’échapper. Par sa longue-vue, Brom vit que l’on hissait un pavillon sur le grand mas du mystérieux vaisseau. Le pavillon noir…

La forte secousse provoquée par le tir de canon fit tomber Roseta du lit. Elle se prit à espérer que c’était le Commodore, son frère et son époux venus la délivrer. Oh oui, c’était le Commodore avec toute sa flotte ! Elle était sauvée ! Bien sûr, les canons de Brom ripostaient mais il ne pouvait pas en avoir autant que le Commodore ! En attendant qu’il la trouve, elle se recroquevilla dans un coin, effrayée par les tirs croisés et les hurlements. Soudain, un nouveau choc terrible lui fit heurter le lit.



Les hurlements se faisaient plus fort. Là-haut, sur le pont, chaque homme tentait de défendre sa vie contre les boucaniers qui venaient de jeter leur puissant vaisseau, dérobé à la marine anglaise, contre leur ennemi. Canonner ne suffisait plus, ils étaient passés à l’abordage en arrimant des cordes à ce qui ne serait bientôt plus qu’une épave. Un corps à corps sanglant s’engagea dans le cliquetis effroyable des sabres et les tirs des mousquets. Roseta s’inquiétait, elle pensait que le Commodore serait venu arrêter Brom sans effusion de sang, elle ne méritait pas que l’on se batte ainsi ! Un doute affreux la saisit, et si c’était… des pirates ? Ce serait tomber de Charybde en Sylla…

Encore quelques instants de fureurs puis le calme revint. Du moins, les armes ne parlaient plus mais la jeune femme entendait des chants de triomphe. Le doute n’était plus permis. Ce gros vaisseau rouge qu’elle voyait collé aux lucarnes de la cabine, qui avait eut l’initiative des tirs de canons, ne pouvait qu’être manœuvré par des pirates. La malheureuse en eut vite confirmation. Sans qu’on lui laisse le loisir de s’évanouir, la porte de la cabine s’ouvrit en grand dans un claquement terrifiant. Un homme caché derrière de longs cheveux, une moustache et une barbiche noirs, débraillé et coiffé d’un foulard rouge apparut, sabre à la main. Il vit immédiatement la jeune femme recroquevillée dans un coin, seulement vêtue d’une chemise de nuit bordée de dentelles.



- Heyyy, lança-t-il dans un sifflement admiratif, voilà qui rend intéressant cette petite promenade en mer !
Il avança à grands pas vers elle, résolu à la sortir de la cabine. Comme lorsque Brom l’avait enlevée, Roseta avait si peur qu’elle ne pouvait que se laisser faire en tremblant comme une feuille.
- Tiens, tu as les mains attachées ? remarqua-t-il.
Il ajouta, dans un grand éclat de rire non dénué de sens pratique :
- Aussitôt trouvée, aussitôt emballée, c’est bien commode ! Les prisonniers déjà attachés, je n’avais encore jamais vu ça mais c’est du temps gagné ! Ha ha ha ha !!!!
Il saisit Roseta par le bras et la traîna vers la porte qu’il avait laissée ouverte. Avant de pousser sa prisonnière à l’extérieur, il se tourna vers elle, cligna de l’œil et dit :
- Attention, petite madame, c’est dangereux, la mer des Caraïbes : vous pourriez rencontrer des pirates !
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Dim 16 Juil - 12:49

Mais c'est digne d'un écrivain toute cela, avec des photos pour accompagner, il faut continuer dans cette voie et nous faire rêver encore et encore avec tous ces récits.

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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Dim 16 Juil - 18:10

ben ca y est c ce que g craigné c tellement bien que g plus rien à dire Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked Shocked
et si BRAVO cheers cheers cheers cheers
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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Dim 16 Juil - 21:53

Oooooooooooooooooooh, la la !!!!!! Embarassed Embarassed Embarassed Embarassed

Je poste la suite tout à l'heure. J'ai encore plusieurs chapitres à poster et en ce moment j'en suis à la moitié de la suite. Wink
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Dim 16 Juil - 22:05

On garde les yeux grand ouverts pour la suite.

C'est si envoutant, que l'on voudrait faire partie de l'histoire.

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Rosetta Norrington
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Lun 17 Juil - 0:22

Merci beaucoup ! Wink



IX A bord du Blue Lagoon


Instinctivement, Roseta voulut lever les mains pour protéger ses yeux des flots de lumière d’un soleil de plein après-midi. Ces rayons venaient la surprendre avec d’autant plus de force qu’elle se retrouvait à l’air libre pour la première fois depuis sa promenade de la veille sur les rempares de Port Royal en compagnie de son frère et du Commodore. Depuis que Brom l’avait enlevée, elle n’avait vu le jour que par les petits carreaux des persiennes de sa cabine, jusqu’à ce que le vaisseau pirate l’éclipse en s’interposant. Mais toute cette lumière n’y changerait rien, la jeune femme considérait que la nuit s’était emparée d’elle lorsque Brom avait fermé le sac de toile et que, désormais, plus rien ni personne ne pourrait la sauver. Ne pouvant se protéger en levant ses mains attachées puisque le pirate au foulard rouge avait saisi l’un ses bras, elle ferma les yeux mais trébucha sur la dernière marche qui menait de la cabine de Brom au pont.
- Fais un peu attention ! s’écria l’inconnu à barbe noire, Tu vas te faire mal si tu tombes sur le nez !
La jeune femme fut tenter de répondre « Peu importe, maintenant » mais n’osa pas. Un spectacle désolant s’offrait à elle sur le pont.



Odeur de la poudre, odeur du sang, odeur de la mort. Pirates et marins hollandais pêle-mêle. Les rares survivants parmi ces derniers étaient conduits en cet instant sur le bateau pirate, attachés les uns derrière les autres, prisonniers. Roseta les vit monter sur une planche de bois que l’on avait placé entre les deux bateaux à cet effet. Elle devinait que son sort était d’emprunter le même passage. Les pirates vidaient également les cales de leurs marchandises.

La jeune femme frissonnait au grand soleil devant le spectacle laissé par les pirates. Le bateau sur lequel Brom l’avait emmenée de force commençait à brûler d’un côté et à s’enfoncer dans l’océan de l’autre. Alors qu’elle regardait les prisonniers, elle remarqua que l’armateur ne se trouvait pas avec eux. Elle le vit lorsque l’homme la poussa à son tour vers la planche, Brom était mort.
- C’est l’homme qui m’a enlevée et enfermée ici… dit-elle dans un souffle.
- Soyons-lui reconnaissant, alors ! plaisanta le pirate au foulard rouge.
La jeune femme éprouvait de la pitié pour Brom. Il ne méritait pas de mourir. Puis, à la vue de son corps, d’autres images se substituèrent à celle-ci, des images affreuses, atroces. Des images remontant à huit ans en arrière, lorsque la jeune femme avait vu la dépouille de son père, sauvagement assassiné, lynché et mis en pièce par la populace de Stockholm pour un crime qu’il n’avait pas commis, victime d’une terrible conspiration. Brom l’avait enlevée en prétendant que, par la faute de sa mère, un enfant avait perdu son père. Roseta connaissait mieux que quiconque la douleur, la souffrance d’une telle tragédie. Elle n’était pas enfant, certes, mais les images atroces étaient là et l’avait marquée à tout jamais. Et… contrairement au père de Brom, le Comte de Fersen n’avait fait de mal à personne… S’impatientant de la voir soudain immobile devant le corps de son ravisseur, le pirate au foulard rouge saisit Roseta et l’emporte sur son dos, non sans un nouveau trait d’humour :
- Ne gigote pas, la planche doit supporter nos deux poids. J’espère que tu n’as pas trop mangé avant de venir !

Un autre ravisseur, un autre bateau, une autre cabine. Roseta avait seulement changé de mains mais celles-ci lui paraissaient plus dangereuses encore. Les poignets toujours attachés, elle était assise à quelques pas seulement du pirate au foulard rouge. Ce dernier avait d’abord fait semblant de l’ignorer totalement, allant et venant sur le pont comme Brom l’avait fait, observant la mer avec une longue-vue.



Une fois dans sa cabine, faisant mine d’être très intéressé par le journal de bord que le précédent Capitaine avait laissé avant de donner quelques explications à celle qu’il nommait « mon invitée ».
- Ma chère invitée, te voilà sur un ancien vaisseau anglais que les gars et moi avons volé. Tu vas dire que c’est pas bien de se voler entre compatriotes mais, que veux-tu, pirate pour un jour, pirate pour toujours, mes gars et moi on descend de pirates alors on est pirates. Comment on appelle ça, déjà ? Ah oui, l’hérédité des charges ! Tu vois, c’est un peu comme quand le fils du notaire devient notaire ! Bien sûr, nous avons fait quelques aménagements, nous avons mis un pavillon noir mais on le hisse seulement quand on veut faire des « surprises » aux autres bateaux ou quand on arrive à Tortuga, histoire de ne pas se faire canarder parce que si on ne hisse pas le pavillon noir on nous prend pour un bateau de Sa Gracieuse Majesté. On a aussi changé le nom du bateau, il s’appelait Rule Britannia et maintenant c’est The Blue Lagoon. Une idée à moi.
Roseta ne comprenait pas tout ce qu’il disait, il ne parlait pas le même anglais que son précepteur lui avait enseigné en Suède des années auparavant. Rien ne l’avait préparée à avoir une conversation avec une… canaille !

L’arrivée de Roseta à bord du Blue Lagoon avait soulevé l’enthousiasme et provoqués des sifflements déplaisants. Elle portait toujours sa longue chemise de nuit couleur d’albâtre, la taille juste sous la poitrine comme toutes ses robes. Sa longue chevelure brune était défaite et c’était dans ces conditions que la coiffure encore à la mode depuis plus de vingt ans montrait qu’elle pouvait être autant gracieuse que ridicule : les cheveux courts et bouclés de part et d’autre du front offrait une vision étrange avec la longueur des autres.
- Comment t’appelles-tu ? demanda soudain l’homme.
Elle répondit d’une toute petite voix.
- Je suis la Señora Roseta Monastorio. Je suis suédoise mais j’ai épousé un officier espagnol. Nous nous rendions en Nouvelle Espagne avec mon frère mais nous avons dû faire escale à Port Royal.
- Pour moi, tu seras Roseta, un point c’est tout, mais moi tu dois m’appeler « Monsieur », bien sûr, avec un « m » majuscule ! Je vais me présenter à mon tour, je suis « Monsieur » Jack Sparrow, le Capitaine de ce bateau. Et nous allons voir avant longtemps un de mes bons amis, le Capitaine Waring. Il est parti avec ses gars en direction d’une île des Antilles espagnoles… pour faire des « provisions » avant de rentrer chez nous… A propos, merci pour la cargaison de ton Hollandais, les cales étaient pleines !
Roseta allait protester, ce n’était pas « son » Hollandais ! Mais Jack lui fit signe de se taire, un doigt sur la bouche.
- Ah ! Chut ! On ne va plus parler de lui, de toute façon, comme lui ne peut plus rien dire sur nous. Tu sais ce qu’on dit ? Dead men tell no tales !

Les morts ne racontent pas d’histoires…
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MessageSujet: Re: "Dead Men Tell no Tales" [POTC]   Lun 17 Juil - 1:09

Un Jack Sparrow comme on l'aime.

C'est super top, je te décernerai bien le 1er prix de la literrature française. Very Happy

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